
Il est des combats qui, malgré la noblesse des intentions et la démultiplication des moyens, semblent se heurter à un mur d’airain. À Douala, la lutte contre l’insalubrité urbaine prend désormais des airs de mythe de Sisyphe. Le Dr Roger Mbassa Ndinè, Maire de la ville, multiplie les offensives, mais sur le terrain, le paysage reste désolant : les dépôts sauvages, tels des excroissances incurables, continuent de défigurer nos artères et de défier l’autorité municipale.
Pourtant, on ne peut nier l’engagement personnel du premier magistrat de la ville. Ses sorties régulières, teintées de pédagogie et de fermeté, sonnent comme des appels au sursaut patriotique. Lors du conseil de la communauté urbaine tenu le 26 mars dernier au Palais de la culture Sawa, le Dr Roger Mbassa Ndinè est d’ailleurs revenu avec gravité sur ce fléau. Il a rappelé avec force que la saleté de la métropole « n’honore aucun citoyen » et que ceux qui jettent les ordures sur la chaussée « détruisent l’image de la ville ». En pointant ainsi du doigt la racine du mal, le Maire fustige une indiscipline collective qui transforme chaque coin de rue en décharge à ciel ouvert.
L’espoir est pourtant né avec la sectorisation de la collecte et l’arrivée de nouveaux acteurs privés. Responsables du ramassage dans la ville.A Douala 4eme,un nouvel opérateur était censé apporter un souffle nouveau dans cette zone stratégique de la rive droite du Wouri. Hélas, le constat est amer : les missions peinent à être remplies convenablement. Pour les populations, l’entrée en scène de ces partenaire n’a pas produit le choc de propreté attendu ; une impression de dégradation s’installe même, entre logistique parfois sous-dimensionnée et amas d’ordures persistants.
Au-delà de la collecte, c’est l’ordre urbain lui-même qui est bafoué. Face à l’anarchie des points de regroupement, le Maire a pris ses responsabilités en signant un arrêté municipal interdisant formellement le tri des ordures sur les dépotoirs publics. Cette mesure visait à sanctuariser les bacs et à orienter le recyclage vers des sites appropriés. Mais sur le terrain, le texte reste lettre morte. Les chiffonniers continuent d’éventrer les sacs au mépris des règles d’hygiène, transformant les bacs en zones de tri insalubres sous les yeux impuissants des passants.
Le décalage est aujourd’hui criant. D’un côté, une mairie qui légifère et segmente le marché de la propreté ; de l’autre, une réalité où les arrêtés sont ignorés et où certains prestataires peinent à justifier leurs engagements contractuels. Ce contraste pose une question de fond : comment faire respecter la loi quand l’incivisme s’est érigé en système ?
Le Dr Roger Mbassa Ndinè ne pourra pas gagner cette guerre seul. Si le civisme des populations est le pilier de la réussite, l’exigence de résultats vis-à-vis des opérateurs de collecte doit devenir impitoyable. Douala ne demande pas seulement des intentions ou des signatures au bas de décrets, elle exige de l’ordre et de la clarté. Il est temps que les efforts de l’édile de la ville cessent d’être étouffés par l’indiscipline des uns et l’inefficacité des autres.
DOUALA 4e L’IMPLACABLE SIÈGE DES IMMONDICES










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