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MÉDIATION AU CAMEROUN : PRIORITÉ AU DIALOGUE SOCIAL

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Le 2 avril à Douala, l’association Ombudperson & Médiation Initiative a lancé un plaidoyer national pour la médiation. Porté par l’expert Robert Roger Ngangue Dimbongo, ce projet vise à généraliser le dialogue social pour prévenir l’escalade des conflits au Cameroun, et au delà.

Un investissement collectif contre l’inéluctabilité des conflits

Le cadre de l’hôtel Sawa a servi de théâtre à ce plaidoyer pour la paix. Pour l’expert Robert Roger Ngangue Dimbongo, fondateur du cabinet AFRIMEDS, le constat est clair : la paix n’est pas un acquis, c’est une construction permanente. Dans un contexte marqué par des zones de frictions, cette conférence publique a résonné comme un appel à la lucidité.
Selon l’intervenant, le conflit est une donnée inévitable de la vie en société. Ce qui fait défaut au Cameroun, ce sont les « circuits racinaires » — ces structures profondes capables de stopper l’hémorragie avant qu’elle ne mène à une rupture irréversible. Qu’elles soient institutionnelles, économiques ou psychologiques, les tensions disposent d’un arsenal de réponses (arbitrage, conciliation, négociation), mais la médiation se distingue par sa capacité à traiter le mal à la racine.

La médiation : Entre sagesse stratégique et déploiement national
Loin d’être un aveu de faiblesse, le recours au médiateur est présenté comme un acte de haute maturité.
« C’est choisir la table plutôt que le tribunal, le dialogue plutôt que l’affrontement », a martelé M. Ngangue.

L’atout majeur de ce mécanisme réside dans la figure du médiateur : un tiers neutre, accessible, capable de transformer la confrontation en une négociation structurée, de la phase de pré-médiation jusqu’à l’accord final.
Cette vision ne restera pas confinée aux salons de Douala. Après une journée de consultations gratuites, l’Association Ombudperson & Médiation Initiative entame un véritable marathon national. « La prochaine étape, le mois prochain, ce sera probablement Garoua ou Yaoundé », a annoncé le promoteur du projet.
Cette tournée mensuelle, qui couvrira les dix régions du pays jusqu’à la fin de l’année, ambitionne de vacciner le corps social camerounais contre l’escalade de la violence. Elle rappelle qu’aux joutes électorales et aux crises communautaires, la parole partagée reste le rempart le plus solide.

CHRISTIANE ÉPÉE NTONEY

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