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PÉNURIE D’EAU À DOUALA

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La SONATREL au banc des accusés, CAMWATER au défi de l’urgence


Depuis le samedi 11 avril 2026, la capitale économique du Cameroun traverse une zone de fortes turbulences hydrauliques. En cause, des travaux d’envergure menés par la SONATREL qui paralysent l’usine de production de Yato. Entre espoir déçu et thermomètre frôlant les 40°C, les populations de Douala crient leur soif.

Le « black-out » électrique qui assèche la ville
Le communiqué de la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER), bien que diffusé tardivement le 13 avril, a le mérite de lever le voile sur l’origine du mal. Ce n’est pas, cette fois, une panne technique interne à l’usine de Yato, mais une interruption de l’énergie électrique orchestrée par la Société Nationale de Transport d’Électricité (SONATREL).
Ces travaux sur le réseau haute tension ont mis à l’arrêt le cœur battant de la distribution d’eau potable de la ville. Conséquence directe : des quartiers entiers, de Bonabéri à Ndogpassi, en passant par Akwa et Bépanda, sont privés de la précieuse ressource. À Bonabéri, le calvaire est double : aux robinets secs s’ajoute une absence d’électricité, plongeant les ménages dans un inconfort total alors que la météo affiche des températures caniculaires.
Des camions-citernes : Réalité ou effet d’annonce ?
Pour pallier l’urgence, la CAMWATER annonce le déploiement de camions-citernes dans les zones les plus impactées. Une mesure de « rationnement » qui peine à convaincre les usagers échaudés par les crises précédentes.
Dans les rues de Deido, le scepticisme est de mise. Mme Nkom, résidente du quartier, ne cache pas son amertume :
« L’année dernière, lors d’une pénurie similaire, la CAMWATER avait sorti exactement le même communiqué. Nous avons attendu, mais nous n’avons jamais vu l’ombre d’un camion-citerne dans notre rue. On finit par se demander si ces déploiements ne sont pas que des mots sur du papier. »

Ce témoignage soulève une question centrale : la CAMWATER dispose-t-elle de réels outils de mesure d’impact ? Au-delà des communiqués, existe-t-il une cartographie précise de la détresse hydrique par quartier pour orienter ces camions ? Dans une métropole de plus de 3 millions d’habitants, la logistique du ravitaillement par citerne ressemble à une goutte d’eau dans l’océan sans une stratégie de proximité rigoureuse.
L’impératif de l’imagination face à la canicule
Alors que la température monte jusqu’à 40°C à l’ombre, l’absence d’eau devient un problème de santé publique. L’hydratation est un besoin vital, et l’assainissement en pâtit lourdement.
Face à ce défi immense, la direction régionale de Douala ne peut plus se contenter de gérer les conséquences des travaux de la SONATREL. La population attend de la société de patrimoine qu’elle fasse preuve d’imagination. Cela pourrait passer par :
Une communication en temps réel sur la localisation exacte des camions-citernes (via GPS ou alertes SMS).
Une meilleure coordination avec la SONATREL pour sanctuariser l’alimentation électrique des sites stratégiques de production.
La mise en service accélérée de forages industriels de secours dans les zones critiques.
Le rétablissement annoncé sera « progressif », mais pour les populations de Douala, chaque heure sans eau sous ce soleil de plomb est une heure de trop. La crédibilité de la CAMWATER se joue aujourd’hui sur le terrain, bien loin des annonces officielles.

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