
Le 02 avril dernier, une rencontre historique s’est tenue au palais royal de Sa Majesté Jamil Madiba Songue. Le Colonel Hamed Kalkaba Malboum, en sa qualité de président du Zibari Mousgoum, est venu solliciter officiellement l’onction de la notabilité Bakoko pour le recasement définitif des populations Mousgoum sur les berges de la Dibamba. Entre diplomatie traditionnelle et enjeux de développement, les deux communautés ont choisi la voie de la « grande porte » pour bâtir un avenir commun.
Une quête de stabilité : d’Essengue aux berges de la Dibamba
Le peuple Mousgoum, historiquement lié aux eaux du Logone et du Chari, a entamé une nouvelle migration au sein de la cité économique. Longtemps installés à Essengue, ces maîtres de la pêche ont dû quitter les lieux, le site appartenant au domaine du Port Autonome de Douala (PAD). Aujourd’hui éparpillés, ils aspirent à se regrouper le long de la Dibamba (Douala 3ème), un environnement qui reflète leur âme de « peuple de l’eau ».
Le Colonel Hamed Kalkaba Malboum a tenu à clarifier l’esprit de cette démarche auprès du Roi Bakoko :
« Je pense qu’il est bon pour le vivre ensemble, pour la paix, pour l’intérêt des deux communautés qui vont se retrouver sur un même espace, que nous puissions nous rendre préalablement chez le Roi Bakoko et les autres chefs qui vont les accueillir afin de préparer cette échéance. »
Les « sentinelles » de Bakassi : un sacrifice au service de la nation
Au-delà de l’aspect foncier, cette rencontre a permis de rappeler le rôle stratégique et patriotique joué par les Mousgoum. Le Colonel Kalkaba a rappelé que ce peuple a été le fer de lance de la souveraineté camerounaise dans la péninsule de Bakassi, bravant un climat hostile là où d’autres ne pouvaient subsister.
Cette résilience est aujourd’hui mise au service de l’économie locale à Douala 3ème, notamment à travers le marché aux poissons de Ngwang Bakoko qui alimente désormais jusqu’à Yaoundé. Boukar Ousman, élite Mousgoum, a souligné cette fraternité :
« Les Bakoko ont dit : « Vous êtes nos frères, vous êtes un peuple de l’eau, venez auprès de nous « Nous voulons entrer non pas par la fenêtre, mais par la grande porte pour montrer qu’étant un peuple de l’eau, nous voulons vivre Sawa. »
Le vivre-ensemble : un contrat de respect et d’intégration
En recevant les attributs de cette fraternité, Sa Majesté Jamil Madiba Songue a salué une démarche empreinte de dignité, rappelant que Douala 3ème est le creuset du vivre-ensemble au Cameroun. Pour le souverain Bakoko, cette intégration, qui consolide une alliance naturelle entre « peuples de l’eau », marque le début d’une procédure rigoureuse soutenue par le Ministère des Domaines et des affaires foncières pour garantir une cohabitation harmonieuse et le développement des activités halieutiques.
Le Roi a insisté sur la responsabilité des nouveaux arrivants et la pérennité de ce lien
« Le message que vous devez passer à vos frères et sœurs, c’est de respecter les us et coutumes de la terre qui les accueille afin que les ponts construits soient consolidés… Nous allons travailler main dans la main pour que cette intégration, née de cette installation de bonne foi, se consolide pour qu’ensemble nous nous projetions dans l’avenir. »










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