Santé

ROUGEOLE ET RUBÉOLE DANS LE LITTORAL : SEPT DISTRICTS SORTIS DE L’ÉPIDÉMIE APRÈS LA CAMPAGNE DE VACCINATION

La région du Littoral enregistre des avancées encourageantes dans la lutte contre la rougeole et la rubéole. À l’issue de la campagne de vaccination organisée du 14 au 18 octobre 2026, sept districts de santé sont déjà sortis de l’épidémie, contre 20 initialement touchés sur les 24 que compte la région. Ces résultats ont été examinés le mardi 3 novembre 2026, à Douala, lors d’une réunion d’évaluation présidée par le Dr Charles Yopndoï, délégué régional de la Santé publique pour le Littoral.

Cette rencontre a permis aux responsables sanitaires de passer en revue les performances réalisées pendant les cinq jours de vaccination, d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et de définir les mesures correctives nécessaires pour améliorer davantage la couverture vaccinale. Organisée du 14 au 18 octobre 2026, cette opération visait notamment à rattraper les enfants n’ayant pas bénéficié de toutes les doses de vaccin recommandées et à renforcer leur protection contre la rougeole et la rubéole.

Pour le délégué régional de la Santé publique, les résultats obtenus sont particulièrement encourageants au regard de la situation épidémiologique qui prévalait avant le lancement de cette initiative. En effet, 20 des 24 districts de santé de la région étaient alors confrontés à des épidémies de rougeole. Aujourd’hui, sept districts ont déjà réussi à sortir de cette situation. « Avant cette campagne, nous étions dans une situation d’épidémie quasiment généralisée. Aujourd’hui, nous avons déjà près de sept districts qui sont sortis d’épidémie et je pense qu’au terme de cette campagne, la région va se porter beaucoup mieux », a indiqué le Dr Charles Yopndoï.

Toutefois, cette évolution positive ne signifie pas que le travail est achevé. Les opérations de monitoring menées pendant la campagne ont permis de repérer des localités où certains enfants n’ont pas encore été vaccinés. Les équipes sanitaires devront donc poursuivre les interventions de proximité afin de combler ces insuffisances et éviter que des enfants restent exposés à ces maladies. Le responsable régional a, à cet effet, salué l’engagement du ministère de la Santé publique ainsi que l’accompagnement de ses partenaires dans la mise en œuvre de cette campagne, tout en réaffirmant la nécessité de maintenir les efforts sur le terrain.

*Manoka, entre contraintes géographiques et performances vaccinales*

Parmi les districts ayant présenté leur expérience figure celui de Manoka, dont la configuration géographique constitue un véritable défi pour les interventions sanitaires. District insulaire composé de 46 îlots, Manoka est essentiellement accessible par voie navigable. Une particularité qui complique considérablement le déploiement des équipes et l’acheminement du matériel nécessaire à la vaccination.

Le Dr Ndoumbe Fils, chef de district de santé de Manoka, a relevé deux principales difficultés rencontrées pendant la campagne : la mobilité des équipes et les contraintes logistiques liées à la conservation des vaccins. Sur les cinq aires de santé que compte le district, seules deux disposent d’une chaîne de froid fonctionnelle. Malgré ces obstacles, les populations ont répondu favorablement à l’opération, permettant aux équipes d’enregistrer une couverture vaccinale administrative de 96,26 %. Un résultat qui traduit les efforts consentis par le personnel de santé dans un environnement où les déplacements nécessitent une organisation particulière.

*Boko mise sur le dialogue avec les communautés*

Dans le district de santé de Boko, les responsables sanitaires ont également réussi à atteindre les objectifs fixés, avec un taux de couverture vaccinale annoncé de 100 %. Une performance obtenue dans un contexte particulier, marqué par la coexistence de caractéristiques urbaines et rurales ainsi que par une couverture limitée en formations sanitaires publiques.

Le Dr Nogbe Guy Martin, chef de district de santé de Boko, a expliqué que l’atteinte de ces résultats a nécessité l’adoption de stratégies adaptées aux réalités locales. Au-delà de la mobilisation du personnel, le dialogue avec les populations a constitué un levier essentiel pour favoriser leur adhésion. Selon lui, l’écoute, la sensibilisation et l’établissement d’une relation de confiance avec les communautés ont permis de surmonter plusieurs réticences et difficultés rencontrées au cours des activités.

*À Édéa, les zones insulaires restent un défi*

Le district de santé d’Édéa présente, quant à lui, une configuration associant zones urbaines, rurales et insulaires. Cette diversité territoriale a influencé le déroulement de la campagne, particulièrement dans les localités difficiles d’accès. Le Dr Souga Steve, chef de district de santé d’Édéa, a notamment évoqué les difficultés rencontrées dans les zones insulaires de Mouanko, où les marées hautes ont perturbé les déplacements des équipes. L’éloignement et la dispersion de certaines localités ont également compliqué la couverture de l’ensemble des populations ciblées dans les délais impartis. Face à cette situation, les responsables sanitaires poursuivent leur collaboration avec les chefs des communautés rurales pour identifier et vacciner les enfants qui n’ont pas encore été atteints. Une démarche qui vise à consolider les acquis de la campagne et à prévenir de nouvelles flambées épidémiques.

*Consolider les acquis et poursuivre le rattrapage*

Au terme des échanges, la nécessité de maintenir la mobilisation communautaire et de renforcer les interventions dans les zones insuffisamment couvertes s’est imposée comme une priorité. Les résultats enregistrés à Manoka, Boko et Édéa illustrent à la fois les avancées réalisées et les disparités auxquelles les équipes sanitaires restent confrontées selon les réalités géographiques des districts. Pour les autorités sanitaires du Littoral, l’objectif ne se limite donc pas aux performances obtenues pendant les cinq jours de campagne. Il s’agit surtout de garantir que chaque enfant ciblé puisse bénéficier de la vaccination, y compris dans les localités les plus enclavées.

Avec sept districts déjà sortis de l’épidémie, la région du Littoral dispose désormais d’indicateurs encourageants pour poursuivre sa riposte contre la rougeole et la rubéole. La poursuite des activités de rattrapage, conjuguée à l’engagement des communautés et au renforcement des capacités logistiques, demeure toutefois indispensable pour consolider ces acquis et réduire durablement la transmission de ces maladies.

Georges potain

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