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CHEFFERIES TRADITIONNELLES :LES REINES ET REINES MERES AU COEUR DES ENJEUX DE TRANSMISSION CULTURELLE

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En prélude au baptême de la rue Rodolphe et Émilie Douala Manga Bell et à l’inauguration, à Cologne en Allemagne, d’un mémorial dédié à ce couple historique, une conférence thématique consacrée à « la place et l’impact des reines et des reines mères au sein de la chefferie traditionnelle » s’est tenue vendredi 28 août 2026 à l’hôtel Sawa de Douala. Présidée par Queen Clarisse Manga Bell, reine du canton Bell du Wouri, la rencontre a réuni plusieurs figures traditionnelles autour de la valorisation du rôle des femmes dans la préservation des valeurs culturelles et la transmission de la mémoire.

L’initiative de cette conférence trouve son origine dans un hommage rendu en Allemagne à Rodolphe Douala Manga Bell et à son épouse Émilie Douala Manga Bell. Un geste qui a particulièrement interpellé Queen Clarisse Manga Bell et l’a amenée à s’interroger sur la reconnaissance accordée aux femmes ayant marqué l’histoire des chefferies traditionnelles « Je me suis dit : si les Allemands honorent cette femme, pourquoi ne pas fêter toutes les reines qui sont passées avant moi et les mettre à l’honneur, mais surtout parler de l’impact et du rôle des reines et des reines mères », a-t-elle déclaré.

Au centre des échanges, la place de la reine dans l’organisation et le fonctionnement des chefferies traditionnelles. Loin de se limiter à une fonction symbolique, la reine assume plusieurs responsabilités. Elle joue notamment un rôle traditionnel, social, économique et diplomatique, contribuant ainsi à la cohésion de la communauté et à la sauvegarde du patrimoine culturel.

Les participantes ont également insisté sur la nécessité de documenter davantage l’histoire et les actions des reines et reines mères. Pour elles, la transmission de cette mémoire constitue un enjeu majeur à l’heure où certaines pratiques et valeurs culturelles risquent de disparaître. « Pour moi, c’est quelque chose d’important, c’est-à-dire travailler pour la conservation des valeurs culturelles », a souligné Mme Chantal Kambiwa, reine mère de Bangoulap.

Au terme des échanges, l’accent a été mis sur la nécessité d’archiver les travaux issus de cette rencontre et de poursuivre les recherches de manière plus approfondie. L’objectif est notamment de favoriser un travail scientifique permettant de constituer une documentation accessible aux générations futures.

Cette conférence apparaît ainsi comme une étape dans une démarche plus large de réhabilitation de la mémoire des reines et reines mères, mais aussi de reconnaissance de leur contribution à la vie des chefferies traditionnelles. À travers cette initiative, les organisatrices entendent inscrire leur histoire dans la mémoire collective et encourager les jeunes générations à mieux connaître et préserver leur héritage culturel.

Georges potain likeng

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