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PRISON CENTRALE DE BERTOUA : UN JOURNALISTE HANDICAPÉ MOTEUR DÉTENU ILLÉGALEMENT

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Mbombog Mbog Matip Emmanuel, directeur de publication du journal « Climat Social » malade et hospitalisé, le journaliste est écroué depuis le 9 Juin 2026 à la prison centrale de Bertoua, malgré l’ordre du Garde des Sceaux.

Son état de santé est critique, il fait d’ailleurs frémir. Handicapé moteur reconnu par l’Etat du Cameroun à travers une Carte Nationale d’Invalidité et hospitalisé depuis le 22 juillet 2026 à l’Hôpital Régional de Bertoua pour polypathologies chroniques, le Directeur de Publication du journal Climat Social, Emmanuel Mbombog Mbog Matip, croupit toujours à la prison centrale de Bertoua. Et ce, malgré une instruction directe du Ministre d’Etat, Ministre de la Justice Garde des Sceaux, Laurent Esso, ordonnant des diligences pour sa libération. Sa famille biologique et professionnelle crient à l’acharnement contre un homme vulnérable.

Tout part du 09 juin 2026. Selon la Une de Climat Social N°1502 de ce jeudi 22 octobre 2026, Emmanuel Mbombog Mbog Matip, journaliste, est interpellé par des hommes lourdement armés non identifiés, sur instruction présumée du Procureur de la République. Il est écroué à la prison centrale de Bertoua, non pas sur la base d’un mandat de dépôt original comme l’exige la loi, mais sur la simple photocopie d’un mandat d’arrêt, remise par M. Nana, substitut du Procureur, à M. Nyoya Ebenezer, chef service du greffe pénitentiaire. Une procédure que sa défense juge totalement irrégulière.

Un homme vulnérable oublié derrière les barreaux.

Ce que les dossiers judiciaires oublient de dire, ce sont les trois images qui parlent d’elles-mêmes. La première, c’est sa Carte Nationale d’Invalidité N°354/2022 – Centre, délivrée par le Ministère des Affaires Sociales. Nom : MBOMBOG MBOG MATIP Emmanuel. Né le 25/02/1990 à Otélé. Profession : Journaliste. Nature du handicap : MOTEUR. Taux : 65%. C’est un handicapé reconnu par la République, protégé par la Loi N° 2010/002 du 13 avril 2010.

La deuxième image est plus cruelle encore. Un Certificat Médical N°054’69 du 15 octobre 2026, signé du Dr ANGOA Gabrielle, Médecin Généraliste à l’Hôpital Régional de Bertoua. On y lit, écrit à la main : « Certifie que le nommé MBOMBOG MBOG MATIP Emmanuel, handicapé moteur est hospitalisé dans notre service depuis le 22.07.26. Il résulte de cette visite que l’intéressé présente des polypathologies chroniques avec complications. » Un homme qui ne devrait pas être en cellule, mais sur un lit d’hôpital, et encore, sous surveillance constante.

Le Garde des Sceaux désavoué ?

Face à cette situation critique, le dossier remonte jusqu’à Yaoundé. Le 16 septembre 2026, le Ministre d’Etat, Ministre de la Justice Garde des Sceaux, saisit par requête de libération immédiate et sans condition, répond officiellement. Dans sa correspondance N°006125 portant cachet et signature, il écrit à l’intéressé : « En accusant réception de votre requête… l’honneur de vous faire connaître que le Procureur Général près la Cour d’Appel de l’Est a été saisi par mes soins, pour diligences appropriées. »

L’ordre est clair. Il ne s’adresse pas au Procureur de Bertoua, mais à son supérieur hiérarchique direct. Mais depuis le 16 septembre, rien. Selon Climat Social, deux nouvelles requêtes introduites les 12 et 19 octobre 2026 pour solliciter sa libération immédiate au vu de son état de santé critique sont restées sans suite. Pire, son nom aurait été inscrit sur la liste d’audience du 19 octobre sans qu’il en soit informé, l’affaire étant renvoyée à une date qu’il ignore toujours.

Une question qui dérange .

Alors, la rédaction de Climat Social alerte et s’interroge publiquement ce jeudi : « A quel jeu jouent le Procureur Général et le Procureur de la République de Bertoua ? S’agit-il de lenteur administrative, de faits que la rédaction qualifie de corruption présumée, ou d’un jeu dangereux avec les instructions du Ministre de la Justice Garde des Sceaux ? »

En attendant la réponse, un fait demeure, têtue et insoutenable : le parquet prétendrait, selon certaines sources, qu’il aurait déjà été libéré. Or, les preuves médicales et pénitentiaires attestent qu’Emmanuel Mbombog Mbog Matip est toujours écroué, malade, handicapé moteur et en danger. Pour sa famille, pour sa rédaction, chaque jour passé en détention est un jour de trop pour un homme dont la Constitution camerounaise garantit une protection spécifique en raison de son handicap.
Smith Mbeng

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