Douala étouffe sous ses ordures. Entre marchés débordants, quartiers enclavés et inondations récurrentes à chaque pluie , fléau particulièrement visible à Bonabéri , la crise des déchets ménagers menace la santé et la mobilité de plus de trois millions d’habitants. Fragilisée par d’importants impayés publics qui pèsent sur sa trésorerie et sa capacité de travail sur le terrain,l’opérateur historique HYSACAM ne peut plus porter seul cette charge, tandis que la récente mise en contribution de la société Genelcam a rapidement montré ses limites sur le terrain à Bonabéri. Face à l’échec des approches classiques, une stratégie pragmatique s’impose , adapter la collecte en fonction des quartiers.
Adapter la collecte selon les quartiers
Pour être efficace, la collecte doit s’adapter aux spécificités de chaque secteur. Dans les centres d’affaires comme Akwa ou Bonanjo, le passage quotidien des camions bennes reste privilégié. En revanche, dans les quartiers denses et enclavés tels que New-Bell ou les zones marécageuses de Bonabéri, l’accès étant impossible pour les gros engins, la collecte de proximité doit reposer sur des tricycles motorisés. Enfin, au niveau des grands marchés comme Mboppi ou Ndokoti, un ramassage deux fois par jour avec des bacs s’impose.
Une organisation en trois étapes
La solution repose sur une chaîne d’assainissement continue, structurée en trois maillons indissociables. Tout commence au sein du foyer avec la mise en place d’un tri sélectif obligatoire à la source, séparant la matière organique des plastiques et récipients, financé par un abonnement mensuel adapté aux ménages. Ces déchets sont ensuite transportés jusqu’à des stations-relais sécurisées et bétonnées, implantées à proximité directe des habitations afin de résorber les décharges sauvages. Enfin, l’acheminement final vers les sites centraux permet une valorisation réelle de la matière, notamment le rachat des plastiques par des entreprises spécialisées et la transformation des matières organiques en compost destiné aux exploitations agricoles régionales.
Vaincre les inondations et intégrer l’informel
L’obstruction des caniveaux par le plastique est la cause directe des inondations catastrophiques subies à Bonabéri et à travers la ville. La création de brigades spécialisées dans le curage avant la saison des pluies, couplée à de strictes sanctions pour le rejet dans les drains, constitue une urgence sanitaire.
Enfin, la réussite repose sur l’intégration des acteurs informels en s’inspirant des initiatives locales réussies. À Douala 2ᵉ, sous la conduite du maire Denise Fampou, l’acquisition de tricycles et de camions adaptés a permis d’instaurer une pré-collecte efficace au cœur des ruelles de New-Bell, prouvant qu’une régie communale de proximité et l’intégration des « pousseurs » sont la clé pour bâtir une ville propre et résiliente.










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