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INNONDATIONS A YAOUNDÉ : LA MINISTRE CELESTINE KETCHA COURTES MISE SUR L’URGENCE TECHNIQUE ET LA RÉSILIENCE URBAINE

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Les pluies diluviennes qui  s’acharnent sur la capitale camerounaise ont replongé le centre-ville de Yaoundé dans un scénario critique. Si aucune perte en vies humaines n’est heureusement à déplorer, les dégâts matériels s’avèrent particulièrement importants. La paralysie totale de la zone de la Poste Centrale et de la voie menant à la boulangerie Acropole a nécessité l’intervention des Forces de Maintien de l’Ordre tard dans la soirée pour bloquer les accès et prévenir tout accident. Face à l’urgence, le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINHDU) déploie une stratégie d’envergure tout en pointant du doigt les comportements anthropiques qui aggravent le phénomène.

Une double cause : Aléas climatiques et chantiers privés
Une descente conjointe menée sur le terrain par le MINHDU, la Communauté Urbaine de Yaoundé, la Commune d’Arrondissement de Yaoundé IV et des entreprises spécialisées a révélé les causes directes de ce sinistre. L’inondation résulte manifestement de l’effet conjugué du dérèglement climatique et d’un grave désordre urbain.
Plus précisément, l’effondrement d’un mur de soutènement a provoqué la destruction des voiles du canal du Mfoundi, une infrastructure clé construite dans le cadre du Projet d’Assainissement de Yaoundé (PADY). Lors de travaux de reconstruction entrepris à proximité par un opérateur privé, un volume massif de blocs rocheux a été déversé par mégarde dans ce collecteur. Ce barrage accidentel a provoqué un refoulement immédiat des eaux en amont lors de la crue. Face à ce constat, la Ministre a ordonné une action d’urgence pour libérer le drain par le dégagement des matières rocheuses.

Des investissements colossaux pour muscler la résilience de la capitale
Pour endiguer durablement ces catastrophes, le Gouvernement camerounais, sous l’impulsion des Très Hautes Directives du Chef de l’État, S.E.M. Paul BIYA, multiplie les projets structurants à forte enveloppe budgétaire. Les efforts globaux reposent d’abord sur le PADY (Phases 1 et 2) qui, financé à hauteur de 85 milliards de FCFA par la Banque Africaine de Développement (BAD), a déjà permis l’aménagement de 20 km de canaux bétonnés sur le Mfoundi et ses affluents.
Toujours avec l’appui de la BAD, le Projet Complémentaire d’Assainissement de Yaoundé (PCADY) mobilise 23,6 milliards de FCFA supplémentaires. Cette phase stratégique prévoit notamment l’aménagement d’un bassin de rétention des eaux fluviales ainsi que la construction d’un canal en béton armé sur la rivière Djoungolo pour réguler le flux des crues.
Cette dynamique est fortement consolidée par le PLIDY, un vaste programme de lutte contre les inondations à Douala et Yaoundé doté de 101 milliards de FCFA par l’AFD. Signée en janvier 2026, cette convention va déployer 9,4 km de canaux de drainage dans trois secteurs prioritaires (Odza, Mfoundi amont/aval, Akeu) et bâtir 22 hectares de bassins de rétention. Enfin, le projet PVGFD, lancé dans la même période, intègrera des infrastructures de drainage sur 13 km de voiries structurantes à réhabiliter ou à construire dans la cité capitale.

L’impératif civique : Arrêter l’incivisme pour sauver la ville
Toutefois, la Ministre Célestine Ketcha Courtès réitère avec fermeté que ces efforts financiers et infrastructurels de l’État ne produiront qu’un impact limité si les facteurs humains continuent de perturber la nature. L’obstruction récurrente des collecteurs et des caniveaux par des dépôts sauvages de déchets solides annihile l’efficacité des investissements publics, rendant les ouvrages inopérantes.
Au-delà des chantiers techniques, l’accent est mis sur la rigueur administrative. La Ministre appelle à un respect scrupuleux des règles d’urbanisme et a réitéré ses directives aux Maires pour accélérer la libération des emprises, mener des actions de curage systématiques et renforcer le contrôle des constructions. La résilience de Yaoundé ne se jouera pas seulement à coups de milliards, mais bien à travers un changement radical des mentalités collectives.

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