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JOURNEE MONDIALE DU REFUGIE : LA CDCH PLAIDE POUR LE DROIT DE DEMANDER L’ASILE

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Lundi 20 juin 2022 a marqué la le célébration de la Journée mondiale du réfugié. Au Cameroun, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a fait une déclaration dans laquelle plusieurs recommandations y figurent.

D’après la CDHC, 5 693 personnes originaires du Cameroun ont fui leur pays en 2020 et ont déposé une demande d’asile dans d’autres pays; 63 % de ces demandes d’asile ont été rejetées pour des motifs divers à l’instar des dénonciations mensongères ou encore des raisons sérieuses de commission d’un crime contre la paix, d’un crime de guerre ou d’un crime de droit commun.

Dans sa déclaration, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun indique qu’en raison des exactions de la secte terroriste Boko Haram ou des affrontements interethniques dans la Région de l’Extrême-Nord, la population camerounaise réfugiée était d’environ 50 000 au Tchad en février 2022 et d’environ 60 000 au Nigeria en 2020 en raison de la situation d’insécurité des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest causée par les combattants sécessionnistes terroristes.

Sachant qu’au 31 mai 2022, il y avait 1 943 733 personnes relevant de la compétence du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) au Cameroun et que parmi celles-ci, 479 644 étaient des réfugiés, 8 469 des demandeurs d’asile et 579 136 des déplacés internes, la Commission dit reconnaître qu’il existe un nouveau défi posé par les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et désireuses de recevoir la protection et l’assistance dont elles ont désespérément besoin, notamment: celles qui sont souvent contraintes de rester à l’intérieur des zones de combat; celles qui se sont déplacées vers des zones plus sûres à l’intérieur de leurs pays; celles qui ont du mal à jouir du droit à un niveau de vie suffisant pour leur bien-être ainsi que celui de leurs familles.

Tout en louant l’hospitalité de tous les pays ayant accueilli des réfugiés camerounais, à qui ils ont offert la protection et des produits de première nécessité, la CDHC observe que l’État a besoin de plus d’accompagnement en matière de gestion des réfugiés et des déplacés internes. Elle rappelle qu’à l’occasion de sa visite effectuée dans le camp des personnes déplacées internes d’Ardjanire à Bogo dans l’Extrême-Nord le 10 mars 2022, camp habité par des Arabes choas qui ont fui les conflits intercommunautaires dans le département du Logone et Chari, elle a constaté l’insuffisance de structures sanitaires, la destruction de leur point d’eau, l’insuffisance de produits alimentaires, le manque d’articles ménagers pour les femmes, etc.

Recommandations

De ce fait, la Commission invite le ministère des Relations extérieures à rendre opérationnelles les Commissions d’éligibilité et de recours, afin que les réfugiés puissent bénéficier d’un statut reconnu et jouir des privilèges qui s’y attachent, notamment dans le domaine de l’éducation, de la santé et des sports; La Commission recommande aux institutions chargées de la défense et de la sécurité des personnes de prendre des mesures visant à fournir une protection et une assistance humanitaire aux réfugiés et personnes déplacées internes pendant leur déplacement vers des zones plus sûres à l’intérieur du pays, ainsi qu’à prendre des mesures spéciales pour faciliter leur identification par l’obtention de nouvelles pièces d’identité .

En outre, la CDHC recommande que les ministères chargés de l’éducation au Cameroun facilitent en permanence l’accès aux différents établissements de formation, en simplifiant certaines procédures pour l’admission des réfugiés, des déplacés internes et des demandeurs d’asile. Elle suggère au ministère de la Santé publique de prendre des mesures afin que les réfugiés et les personnes déplacées internes bénéficient d’une assistance suffisante pour l’accès aux services de santé pour ainsi que celui de leurs familles. La Commission recommande aussi que l’intégration socio-professionnelle des réfugiés et des personnes déplacées internes soit poursuivie pour leur permettre d’exercer leur profession et d’utiliser leurs talents et leurs compétences pour apporter leur contribution à l’économie du pays.

Au ministère de la Décentralisation et du Développement local ainsi qu’à la délégation générale à la Sûreté nationale, il est demandé de faciliter davantage la procédure d’obtention des documents d’identité aux personnes déplacées, afin qu’elles puissent accéder facilement aux services publics tels que la santé et l’éducation. Pour sa part, la Commission ne ménagera aucun effort pour continuer à promouvoir et à protéger les Droits de l’homme, y compris les Droits des réfugiés et des déplacés internes, par le biais d’ateliers de formation, de campagnes de sensibilisation, de plaidoyers, de visites de prisons, de descentes d’investigations, etc.

Linda Mbiapa


DOUALA ,BILAN DE LA SMID S.A

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