
Le Collège Alfred Saker a accueilli, le 17 octobre dernier, la cérémonie de l’Excellence académique Ngon’a Bon Ebele 2026. Placée sous le haut patronage du chef supérieur du canton, James Frédéric Ekwalla Essaka III, cette rencontre a réuni autorités traditionnelles, parents, élites et invités autour d’une ambition commune : valoriser le mérite scolaire et encourager la jeunesse à construire son avenir au Cameroun.
La persévérance, moteur de la réussite
Présidente de l’association Ngon’a Bon Ebele, Siliki Ekoka a salué les efforts des lauréats et rappelé que l’excellence repose sur un engagement constant. « L’excellence que nous célébrons aujourd’hui est le fruit d’un engagement quotidien, de doutes surmontés, de nuits de travail et d’une discipline de tous les instants. L’effort finit toujours par payer. » Elle a également insisté sur le rôle des enseignants, des parents et de l’entourage dans la réussite des jeunes, avant de les exhorter à poursuivre leurs efforts face aux défis de demain.
Cette édition a enregistré 42 bacheliers, contre 50 à 60 habituellement. Malgré cette baisse, les organisatrices se réjouissent de voir les jeunes décrocher leur diplôme de plus en plus tôt, généralement entre 17 et 19 ans.
Plus d’une décennie au service de l’éducation
Secrétaire générale de l’association, Me Tobbo-Din est revenue sur les motivations qui ont conduit à la création de ce programme, devenu au fil des années un instrument de promotion de l’éducation et de solidarité communautaire.
« Cela fait plus d’une dizaine d’années que nous organisons ce programme. Je peux le dire, c’est un peu notre bébé. L’idée est partie du fait que je me suis rendu compte que beaucoup de jeunes ici pensent que, pour réussir, il faut partir à l’étranger. L’objectif, pour nous, était d’encourager nos enfants et de leur montrer qu’ils peuvent également réussir en restant au Cameroun.
Au départ, nous nous sommes tournés vers les familles défavorisées pour leur dire que nous pouvions les aider à payer les frais d’université, parce que nous voulions promouvoir les établissements publics et les universités publiques. C’est la raison pour laquelle nous avons fixé à 50 000 FCFA la récompense des bacheliers sans mention. Cette somme correspondait aux frais d’entrée à l’université. L’idée était qu’aucun jeune de Deïdo ne puisse dire qu’il n’a pas poursuivi ses études faute de moyens pour payer ces frais.
Par la suite, nous nous sommes dit que nous ne pouvions pas seulement encourager les enfants des familles démunies. Il fallait aussi récompenser ceux qui travaillent. Ce n’est pas parce qu’on vient d’une famille aisée et qu’on a bien travaillé qu’on ne mérite pas d’être primé. C’est pourquoi, au-delà des 50 000 FCFA, nous avons décidé d’attribuer des prix spéciaux aux bacheliers ayant obtenu des mentions : 200 000 FCFA pour la mention Bien et 150 000 FCFA pour la mention Assez bien. Nous encourageons également les séries techniques et technologiques, afin que chaque forme d’excellence soit reconnue. »
Cette démarche traduit une volonté d’associer justice sociale et reconnaissance du mérite. En soutenant les élèves issus de familles modestes tout en récompensant les meilleures performances, l’association cherche à réduire les obstacles financiers à la poursuite des études et à promouvoir la diversité des parcours scolaires.
Transmission et ambition pour la jeunesse
Pour Rodolphe Bimbe, fils du canton et directeur commercial à la Socadel, cette cérémonie symbolise la transmission des valeurs et l’engagement envers la communauté. « Hier, j’étais bachelier et j’ai été primé. Aujourd’hui, mon devoir est de transmettre à mon tour. Il faut faire la différence entre le devoir et l’obligation : l’obligation se fait par contrainte, tandis que le devoir s’accomplit par amour. Par devoir pour notre canton et notre village, je suis venu encourager nos jeunes afin qu’ils sachent que, comme le disent les Anglo-Saxons, “only the sky is the limit”. Nous, les Deïdo, sommes par définition des guerriers, toujours prêts au combat pour la défense de notre terroir et la réussite. C’est cette même détermination que nous transmettons à nos enfants, qui peuvent aller plus loin que nous. »
Lauréate de cette édition, Marie Princesse Etondi Moussongo a exprimé sa satisfaction et ses ambitions professionnelles. « Je suis contente et honorée de recevoir ce prix aujourd’hui. J’aimerais, dans le futur, continuer dans la comptabilité et la fiscalité. » Aux plus jeunes, elle recommande de persévérer dans le travail et de ne pas perdre espoir, convaincue que les efforts finissent par être récompensés.
Au-delà des distinctions, Ngon’a Bon Ebele illustre la capacité d’une communauté à investir dans son capital humain. En encourageant les efforts scolaires et en soutenant la poursuite des études, l’association contribue à renforcer la confiance des jeunes et à promouvoir une réussite fondée sur le mérite, la solidarité et l’attachement aux racines. La continuité de cet accompagnement constitue un enjeu essentiel pour permettre aux lauréats de transformer leurs résultats scolaires en véritables opportunités d’avenir.










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