
Ce mardi 08 septembre 2026, le Maire de la ville de Douala, Dr Roger MBASSA NDINE, a présidé le lancement officiel du Projet de Jalonnement culturel dans le canton Akwa. Cette initiative ambitionne de rendre lisibles les frontières ancestrales des villages afin d’ancrer l’identité territoriale au cœur de la modernité urbaine.
Entouré des autorités coutumières, le chef de l’exécutif municipal a dévoilé les premières plaques signalétiques marquant les frontières territoriales des communautés. De la ligne séparant Bonelang de Bonejang à la démarcation reliant Bonamouti à Bonabekombo, ce parcours patrimonial vient matérialiser une géographie traditionnelle souvent invisibilisée par l’extension rapide de la cité
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Restituer l’organisation spatiale du littoral Sawa
S’exprimant devant la presse, le premier magistrat de la cité a souligné la nécessité sociologique de restituer l’implantation originelle du territoire littoral. « Nous sommes dans le cadre de la politique culturelle de la ville, qui est de donner à la ville son âme, sa culture. Cette ville est composée à l’origine de villages et ce sont ces villages-là qu’on veut identifier. Il est bon qu’on sache que dans la manière des Sawas de construire à l’époque, la plupart de nos villages étaient perpendiculaires à l’eau et chaque village avait son débarcadère. C’est ce que nous essayons de matérialiser en faisant comprendre aux gens qu’ici nous nous trouvons au village Bonalembe, qu’il y a d’autres villages avant : Bonelang, Bonejang, Bonamouti… Cet exercice, nous allons le continuer dans d’autres cantons afin que les gens sachent où ils se trouvent. C’est pas seulement de dire que c’est la rue Sylvanni ou la rue Foch, il y a des noms et des habitants qui ont été ici. C’est l’histoire de la ville que nous mettons en exergue, une ville qui a une histoire plus que centenaire. Il ne faut pas croire que la ville a commencé en 1960. Même si Douala est aujourd’hui cosmopolite, cela ne veut pas dire qu’on doit oublier sa culture historique », a déclaré le Dr Roger MBASSA NDINE.
Fixer les limites villageoises pour la jeunesse
Cette opération de traçage répond à une préoccupation majeure : combler l’amnésie spatiale des jeunes générations. Pour Sa Majesté Moudio Tiki, chef du village Bonelang, la matérialisation des bornes historiques clarifie une topographie devenue confuse au fil du temps : « C’est une très bonne initiative et il faut remercier les autorités de la ville, particulièrement le super maire. Plusieurs personnes entendent parler de Bonejang, Bonabong, Bonabekombo ou Bonalembe, mais ne savent pas où Bonabekombo commence et où il se termine. Cela permettra désormais d’identifier clairement les villages et leurs limites. La plus-value profite à tous : si nous les autochtones connaissons nos limites pour la plupart, nos enfants ne connaissent pas les frontières des différents villages. Ils en parlent sans savoir où c’est situé. Désormais, cet adressage permettra de localiser exactement chaque territoire. »
Sublimer le socle traditionnel dans la métropole
Au-delà de la signalisation routière, la fixation des frontières coutumières restaure le lien entre la modernité et l’héritage ancestral. Elle offre aux visiteurs une immersion historique unique, substituant l’identité culturelle aux simples désignations informelles. Samuel Solle, directeur de l’économie et de l’attractivité territoriale à la Communauté Urbaine de Douala, précise les enjeux stratégiques du projet : « Ce parcours patrimonial est important parce que la ville de Douala repose sur un socle traditionnel, c’est-à-dire qu’elle est constituée de quartiers qui sont ancrés dans des cantons et des villages. Il est essentiel que le chef de l’exécutif ait tenu compte de cet état de fait. Alors qu’on est aujourd’hui dans la mode des « lieux-dits », il faut qu’on sache que ces quartiers sont avant tout des villages et il est fondamental de le matérialiser. Cela participe directement à l’attractivité du territoire, car Douala est une ville résolument tournée vers l’avenir, mais qui reste profondément culturelle et traditionnelle. »










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