Le Ministre de l’Eau et de l’Énergie a officiellement installé, le 8 mai 2026 à Douala, les dirigeants de la nouvelle Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL). Cette cérémonie marque le point de départ d’une réforme structurelle profonde visant à sortir le secteur électrique d’une crise financière et opérationnelle persistante.
Un secteur sous perfusion : le diagnostic sans concession du Minee
Lors de la cérémonie de prise de fonction de M. Oumarou Hamandjoda (Directeur Général), M. Antoine Ntsimi (PCA) et M. Ekobena Jean Basile (DGA), Gaston Eloundou Essomba n’a pas usé de langue de bois. Le ministre a dressé un état des lieux alarmant du paysage énergétique national, marqué par un « déséquilibre financier structurel » et des tensions de trésorerie qui asphyxient les opérateurs.
Selon le membre du gouvernement, l’accumulation des arriérés de paiement a fini par fragiliser l’ensemble de la chaîne de valeur. Cette situation délétère limite drastiquement les capacités d’investissement, compromet la maintenance essentielle des infrastructures et, in fine, dégrade la qualité du service offert aux usagers. Pour le Minee, l’urgence est d’envoyer un signal fort aux investisseurs pour restaurer une confiance lourdement ébranlée.
La SOCADEL : l’instrument de la souveraineté énergétique retrouvée
La création de la SOCADEL est présentée comme la réponse politique et stratégique du Chef de l’État, Paul Biya, pour « reprendre en main le destin énergétique » du pays. L’objectif assigné à la nouvelle équipe dirigeante est triple : restaurer l’autorité de l’État sur ce segment stratégique, rétablir les équilibres financiers et améliorer durablement la fourniture d’électricité.
Pour réussir ce pari, le ministre a exhorté le nouveau top management à impulser une dynamique de rupture. La feuille de route est claire : implémenter une stratégie de restructuration rigoureuse afin de mettre fin au cycle de l’insolvabilité. Il s’agit désormais de transformer la gestion du service public pour en faire un levier de croissance fiable et crédible pour l’économie camerounaise.










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