
Cinq mois après sa création par décret présidentiel le 4 mai 2026, la Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL) a franchi le cap de ses 100 premiers jours sous la supervision directe du gouvernement. Réunis ce jeudi 8 octobre 2026 à Douala sous la présidence du Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, les acteurs majeurs du secteur dont la SONATREL, l’ARSEL et les administratives du Littoral , ont analysé l’avancement des réformes. Si quelques indicateurs passent au vert, le bilan d’ensemble reste marqué par une marge de progression exigeante.
Un déficit structurel persistant malgré la hausse des recettes
Pivot financier du secteur chargé de collecter et de redistribuer les revenus aux producteurs et transporteurs (NHPC, Globeleq, SONATREL), la SOCADEL affiche une légère amélioration de sa trésorerie. Les recettes mensuelles sont passées de 30 à 32 milliards de FCFA. Toutefois, avec des charges opérationnelles comprises entre 42 et 44 milliards de FCFA, l’entreprise supporte toujours un gouffre mensuel d’environ 11 à 13 milliards. Ce déséquilibre entrave le paiement intégral des fournisseurs et fragilise la chaîne d’approvisionnement énergétique du pays.

Modernisation du réseau et déploiement du PERACE
Pour stopper la déperdition financière et assainir la gestion, le gouvernement mise sur l’accélération du comptage prépayé et la normalisation des installations. Le bilan arrêté au 8 octobre fait état de 45 053 branchements basse tension normalisés et de l’acheminement de 16 000 compteurs communicants via le programme P4R. L’effort doit s’amplifier d’ici la fin de l’année 2026 grâce au Programme d’amélioration et de renforcement des capacités de l’électricité au Cameroun (PERACE), qui prévoit l’installation de 34 000 nouveaux branchements sécurisés.
Des exigences de résultats immédiats face à l’exaspération des usagers
Au-delà des ajustements comptables, c’est sur le terrain de la continuité de service que la SOCADEL est attendue. Face à la persistance des délestages et aux plaintes récurrentes de la population, la tutelle réclame un changement radical de culture opérationnelle. « On veut des ingénieurs qui agissent, et non des procéduriers », a martelé le ministre Gaston Eloundou Essomba pour recadrer les équipes techniques, avant de résumer l’effort attendu de l’opérateur en une formule sans équivoque : « Peut faire mieux. » La crédibilité de la restructuration du secteur électrique national en dépend.










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