
Le ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, Gabriel Mbairobe, a présidé, ce vendredi 30 octobre 2026, à l’esplanade du Club CAMTEL de Bépanda, à Douala, la cérémonie officielle de lancement de la troisième édition du Festival international du manioc « All Kassava ». Placée sous le thème « Transformer localement pour nourrir l’Afrique et le monde », cette rencontre de trois jours réunit les producteurs, les transformateurs, les chercheurs et les entrepreneurs autour des défis et des opportunités de cette filière stratégique. Le gouvernement entend notamment mettre en place 200 unités de transformation pour produire au moins 600 000 tonnes de farine de manioc et réduire la dépendance du Cameroun aux importations de blé.
Cultivé dans les dix régions du Cameroun, le manioc constitue une importante source d’alimentation et de revenus pour les populations. Avec plus de 350 000 acteurs impliqués dans sa chaîne de valeur, cette culture représente un véritable potentiel économique. Toutefois, son développement reste freiné par plusieurs contraintes, notamment le mauvais état des voies d’accès aux bassins de production, l’insuffisance des infrastructures de conservation et le manque d’unités de transformation.
Lors de son intervention, Gabriel Mbairobe a particulièrement insisté sur la périssabilité du manioc, qui doit être transformé dans les 20 heures suivant sa récolte pour éviter sa détérioration. Pour répondre à ces difficultés, le gouvernement a inscrit cette culture parmi les filières prioritaires du Plan présidentiel d’import-substitution. Parmi les mesures annoncées figure la mise en place de 200 unités de transformation à travers le pays. Selon le ministre, ces infrastructures permettront de produire au moins 600 000 tonnes de farine de manioc et de réduire la dépendance nationale au blé importé. Le gouvernement encourage également l’utilisation de la farine de manioc dans la fabrication du pain. Une norme a été élaborée avec l’Agence des normes et de la qualité (ANOR) pour la farine de manioc panifiable. En outre, une circulaire conjointe signée avec le ministère du Commerce impose l’incorporation d’au moins 5 % de farine de manioc dans la fabrication du pain.
Sur le volet de la production, le ministre a évoqué les initiatives du programme Agriconext en faveur de l’amélioration du matériel végétal. L’objectif est de mettre à la disposition des producteurs des plants de qualité, notamment grâce aux techniques de production de vitroplants. Il les a par ailleurs exhortés à privilégier du matériel végétal sain et à s’approprier les résultats de la recherche, notamment une variété de manioc à chair jaune permettant de préparer du gari sans huile de palme.
*Les producteurs à l’honneur*
De son côté, Yvette Doume Banlog, promotrice du festival, a rendu hommage aux producteurs, aux femmes rurales et aux transformateurs. Elle a également déploré les difficultés rencontrées par plusieurs exposants venus des différentes régions du pays. Certains ont effectué de longs trajets dans des conditions de transport difficiles, tandis que d’autres ont perdu les produits destinés à être présentés à Douala. Jusqu’au dimanche 1er novembre 2026, le festival propose une foire-exposition de produits dérivés du manioc, des dégustations gastronomiques, des rencontres B2B, des conférences et des formations pratiques. Le programme prévoit également l’élection de Miss Kassava.
À travers cette troisième édition, « All Kassava » entend contribuer à la valorisation du manioc, à la professionnalisation des acteurs et à l’industrialisation de la filière, dans une perspective de renforcement de la souveraineté alimentaire et de développement économique.
*Georges potain*










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