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BONABÉRI : L’INSALUBRITÉ MENACE LA RENTRÉE SCOLAIRE, LES POPULATIONS APPELLENT MBASSA NDINÈ AU SECOURS

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Face à l’incapacité du nouvel opérateur à remplir ses engagements qui sont la collecte des ordures ménagères, le balayage et le nettoyage des places publiques et des marchés de la ville de Douala comme l’indique l’autorisation de gré à gré exceptionnel, les populations de Bonabéri étouffent sous les ordures à la veille de la rentrée scolaire. Les citoyens interpellent le Maire de la Ville pour une action immédiate.

À la veille de la reprise des classes, le lundi 07 septembre, le paysage urbain de Douala IV frôle la catastrophe environnementale. De l’échangeur au carrefour Château d’Eau, jusqu’aux abords de la boulangerie Saker, des montagnes d’ordures ménagères s’accumulent et obstruent la voie publique. Ce spectacle désolant menace la santé des familles et paralyse la circulation au pire moment de l’année.

Un contrat colossal au cœur de la colère populaire
L’incompréhension de la population est d’autant plus vive que la collecte des déchets fait l’objet d’un contrat colossal. Un document officiel du Ministère des Marchés Publics atteste de l’attribution de gré à gré du Lot n°3, où l’opérateur a reçu un contrat de 5 ans moyennant une somme astronomique, sous autorisation de la Présidence de la République. Sur le terrain, la réalité dément ces investissements : incapacité opérationnelle, bacs débordants et insalubrité généralisée.
Cette crise engendre une alerte sanitaire grave due à la proximité des déchets avec les commerces alimentaires, une mobilité entravée sur des axes saturés, ainsi qu’un cadre de vie dégradé pour les ménages.


Le nœud du problème : l’absence d’une décharge locale
Pour Douala Wanga conseiller municipal à la Commune d’Arrondissement de Douala 4e, Président de la Commission des grands travaux et Grand Conseiller à la Mairie de la Ville, la racine du problème réside dans la logistique de traitement : « Le véritable problème des ordures dans l’arrondissement de Douala 4e ce n’est pas Genelcam, ce n’est pas Hysacam, mais le véritable problème c’est qu’il faut une décharge dans l’arrondissement de Douala 4e. Que ce soit Genelcam, que ce soit Hysacam, les deux entreprises ne pourront pas tenir le coup par rapport à la situation de notre arrondissement. Il faut absolument que le pouvoir central prenne des décisions, c’est un problème que nous avons déjà débattu tant à la commune d’arrondissement qu’au niveau de la Mairie de la Ville. Le problème est que la société Magzi doit libérer les espaces pour faire de ça une décharge pour l’arrondissement de Douala 4e. Vous voyez, entre l’arrondissement de Douala 4e et la décharge, c’est entre 12 à 15 km. Genelcam travaille, il est vrai qu’ils n’ont pas assez de moyens, mais la solution idoine est que Douala 4e doit avoir une décharge. Vraiment, si on réussit à avoir une décharge, le problème des ordures sera réglé. »

Valorisation des déchets et décentralisation : la vision d’une élite
Un constat partagé et approfondi par Arnaud Kingue Etame, opérateur économique et élite de l’arrondissement de Douala 4e, qui appelle à un changement de paradigme face au manque d’anticipation : « La situation actuelle dans toute la ville de Douala et dans certaines grandes métropoles est déplorable. Je pense, et avec tout le respect que j’ai pour les uns et les autres, que c’est un manque d’anticipation. On ne peut pas continuer à gérer cette grande métropole avec des données anciennes. En ce qui concerne principalement l’arrondissement de Douala 4e, on a environ 1 000 personnes qui entrent dans cette ville venant de tous les horizons du Cameroun, ce qui génère évidemment un afflux et une augmentation des ordures ménagères. La gestion des ordures doit être prise dans tout son sens. Aujourd’hui, on doit parler de la chaîne de valeur des ordures ménagères et cette chaîne de valeur doit impliquer tout le monde : elle doit impliquer les administrations ainsi que les collectivités villageoises. Douala 4e a encore la chance d’avoir de la réserve foncière, donc les collectivités villageoises doivent être impliquées, pas en tant que gens qui vont recevoir les ordures, mais en tant que gens qui peuvent créer de la richesse avec les ordures ménagères. Donc maintenant, on ne doit plus parler de décharge, on doit parler plus des zones de valorisation des déchets. La communauté villageoise doit savoir qu’à l’entrée de ces ordures elle doit gagner de l’argent, et à la sortie aussi. On doit aussi considérer la notion du pollueur-payeur, ça veut dire qu’on sache que tous ceux qui polluent à quelque niveau que ce soit, les ménages comme les industries, doivent payer. Les ordures ménagères doivent être considérées comme des inputs qui doivent être valorisés. Donc les communautés villageoises doivent être au centre de la chaîne de valeur, elles doivent donner du foncier et ce foncier doit être rémunéré en tant que tel, en tant que zone de valorisation des ordures ménagères. »
Poursuivant son analyse, l’opérateur économique dénonce la faillite opérationnelle du prestataire et plaide pour une gestion locale renforcée : « La situation dans l’arrondissement de Douala 4e est déplorable. Genelcam, qui a reçu ce marché, a montré ses limites structurelles et même conjoncturelles. Avec un marché sur cinq ans, un an après, il n’a pas pu mobiliser le matériel. Je ne veux pas savoir pourquoi, mais en tant qu’opérateur économique qui paie ses impôts, je trouve que cela est déplorable et qu’il faille impérativement trouver des solutions pérennes. L’arrondissement doit prendre ses responsabilités, la ville doit prendre les siennes, et qu’in fine la décentralisation doit être accrue pour laisser les collectivités territoriales gérer elles-mêmes leur environnement et leurs communes. »
Délaissés par le prestataire privé, les riverains se tournent vers l’autorité municipale. À Ndobo, Mathurin Ngando s’indigne : « Moi je ne connais pas cet opérateur, j’ai voté le Dr Mbassa comme maire de ma ville et je l’appelle à intervenir urgemment sans tenir compte de cette société qui a montré son incapacité ». À Sodiko Ville, Madame Nyetam supplie : « Je supplie mon père Mbassa Ndiné de ne pas nous abandonner. Les ordures sont déjà devant nos portes et même à l’intérieur de nos maisons ».
Il y a désormais urgence absolue. Le Dr Roger Mbassa Ndiné, Maire de la Ville de Douala, doit intervenir sans délai. Les populations l’exhortent à réquisitionner des moyens d’évacuation d’urgence et à sanctionner la société défaillante. Seule une décision ferme et rapide de l’édile permettra de dégager les axes et de préserver la santé des élèves.

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