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BWADIBO EN ACTION : QUAND LA SOLIDARITÉ VILLAGEOISE TRANSFORME LE QUOTIDIEN

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Face à l’enclavement critique et à l’inertie des pouvoirs publics en cette saison des pluies, le village Bwadibo, situé dans l’arrondissement de Dibombari, a pris son destin en main ce samedi 4 juillet 2026. Sous l’impulsion de son chef traditionnel et d’un comité de développement trans-ethnique, la communauté s’est mobilisée en masse pour réhabiliter ses axes routiers et assainir son espace public, offrant une véritable leçon d’autogestion et de cohésion sociale.
Le réveil  matinal a été et placé sous le signe de l’action pour les habitants de Bwadibo. Aux premières heures de la matinée du samedi 4 juillet, une animation inhabituelle a gagné cette localité de l’arrondissement de Dibombari. Équipés de pelles, de balais, de machettes et revêtus de chasubles bleues portant l’inscription « Service d’hygiène Bwadibo », des hommes, des femmes et des jeunes se sont mobilisés sur les principales artères du village. Cette vaste opération citoyenne visait à assainir le cadre de vie en débarrassant les espaces publics des herbes envahissantes, en curant les caniveaux et en facilitant l’écoulement des eaux pluviales, afin de réduire les risques d’inondation qui affectent régulièrement la localité.
Sur le terrain, un témoin de la scène résume l’urgence de la situation : « Les petits caniveaux sont bouchés et les herbes ont pris de la hauteur. C’est pour cela que nous avons trouvé nécessaire et même urgent de venir mettre la propreté. Nous sommes une trentaine de personnes avec à la tête le chef sa majesté Samuel Elongo Kinguè lui-même. Vous voyez qu’il a mis les gants. Il est sur le terrain pour travailler aussi ».
L’union sacrée des communautés contre l’enclavement

Le point d’orgue de cette journée citoyenne s’est joué sur un tronçon de 500 mètres, devenu un véritable bourbier infranchissable pour les piétons comme pour les véhicules routiers. Plutôt que de se résigner, le comité de développement a mobilisé ses propres ressources économiques pour louer un engin de chantier lourd (Caterpillar) afin de restructurer la chaussée dégradée.
Sa Majesté Samuel Elongo Kingué, activement impliqué en première ligne de ce chantier, explique les motivations profondes de cette action collective : « Nous avons vu que la route était extrêmement mauvaise, les moto-taximen, nos mamans tombaient en route. On ne pouvait pas attendre la mairie. Nous avons notre comité de vigilance, d’hygiène et salubrité qui réunit toutes les tribus qui sont à Bwadibo, pour qu’on fasse quelque chose. On s’est appuyé sur le comité de développement qui est en train de faire ce travail, je suis à la tête naturellement en tant chef de ce village pour les encourager ».
Au-delà de l’aspect purement infrastructurel, cette initiative s’est transformée en un puissant vecteur de consolidation sociale, brisant les barrières communautaires. Le chef du village s’en félicite avec force : « Dans ce que nous faisons, c’est toutes les tribus. Bamiléké, Bassa, Anglophones, Pongo, Duala et autres. C’est tout le monde qui travaille ce jour. Pas d’exclusion ou de discrimination. C’est une affaire de nous tous. Tout ceci c’est pour le bien-être de le village Bwadibo ».
Un impact immédiat et des ambitions durables pour l’avenir

L’efficacité de cette mobilisation ne s’est pas fait attendre. En l’espace de quelques heures, le déploiement de l’engin mécanique associé à l’épandage et au nivellement de deux camions de pouzzolane a radicalement transformé la physionomie de la voie. La praticabilité routière a été rétablie non seulement sur la section critique, mais le Caterpillar a étendu son action sur un réseau de près d’un kilomètre, redonnant ainsi le sourire aux usagers de cet axe historique.
Cette action d’envergure suscite l’admiration , le soulagement et la reconnaissance des usagers de la route à l’instar de Mathieu chauffeur de mototaxi à Bwadibo.

« Si ce chef n’était pas dans ce village, je pense que ce village n’existerait plus, vraiment je suis content pour le travail qu’il abat chaque jour pour les habitants du village ,  ma femme est tombée ici il y a quelques jours, j’espère que avec ce travail, la route sera plus pratique, je prie le chef de revoir aussi les autres routes du quartier ».

du premier notable du village Babenga, qui contextualise l’impact régional de ces travaux : « le chef de Bwadibo fait beaucoup pour nos communautés. Ici c’est l’ancienne route Douala Tiko, qui traverse, les villages Beko, Babenga, Bwadibo et qui est en très mauvais état. Le travail qui est donc fait aujourd’hui devait se faire depuis. Cette route est gâtée depuis plus de 6 mois. La population a saisi le chef qui nous aide souvent à entretenir cette route depuis des décennies. Dans toutes nos souffrances, on ne pouvait pas toujours attendre l’Etat. Le chef a pris les devants avec le comité de développement en précisant qu’il ne s’agit pas d’une campagne électorale. Il ne vise pas les élections. C’est une route qui traverse 4 villages, mais c’est toujours lui seul qui s’investit pour l’arranger et toute le monde est sorti pour mettre la main à la pâte ».
Loin d’être un événement isolé, cette journée marque le début d’un plan d’action environnemental à long terme pour le village. En guise de conclusion et d’appel à l’émulation collective, Sa Majesté Elongo Kinguè décline les prochaines étapes de son ambitieux projet de salubrité publique : « Nous avons nos marigots, nous avons nos ruelles. Nous avons beaucoup de choses à faire. On est en train de sensibiliser la population par rapport aux ordures, aux déchets plastiques. Nous avons un tricycle qui fait le ramassage des ordures pour lutter contre l’insalubrité, contre les déchets plastiques qui dégradent énormément les sols. Et je voudrais que les autres villages suivent notre exemple ».

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