Economie

CAMEROUN: LA FILIÈRE PORCINE ENGAGE SA RÉVOLUTION

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Face aux risques liés aux circuits informels, la Coopérative Nationale des Éleveurs Porcins du Cameroun lance une offensive majeure pour moderniser le traitement et la distribution de la viande fraîche. Premier acte concret : l’ouverture d’une boucherie moderne ce 11 juillet 2026 à Yaoundé.

 

Une véritable mutation est en train de s’opérer au sein de la filière porcine camerounaise. Portée par la Coopérative Nationale des Éleveurs Porcins du Cameroun (CNEPC), une initiative d’envergure nationale vise à restructurer de fond en comble la chaîne de valeur du porc, de l’élevage jusqu’à l’assiette du consommateur.
L’objectif affiché est double : offrir une viande saine, traçable et rigoureusement contrôlée, tout en valorisant le savoir-faire et les revenus des producteurs locaux.

Un impératif de santé publique
Actuellement, une part importante de la viande de porc consommée au Cameroun échappe encore aux circuits officiels de contrôle. Conditions d’abattage précaires, transport non réfrigéré, opacité sur l’origine du bétail : ce manque de visibilité expose quotidiennement les populations à des risques d’intoxications alimentaires ou à des infections parasitaires et bactériennes sévères. Pour les professionnels du secteur, la sécurité sanitaire n’est plus une simple option commerciale, mais un enjeu de salubrité publique prioritaire.
Pour inverser la tendance, la stratégie de la coopérative repose sur une transformation globale du secteur. Cela commence dès la source par un encadrement des élevages rigoureux afin de structurer les exploitations locales, doublé d’un suivi vétérinaire systématique avant et après l’abattage. La modernisation passe également par une maîtrise absolue du froid pour garantir la fraîcheur du produit de l’atelier de découpe jusqu’au point de vente, et s’achève par une professionnalisation de la distribution permettant d’approvisionner de manière sécurisée les marchés, les supermarchés ainsi que le secteur de l’hôtellerie-restauration.

Restauration collective : la sécurité au centre des exigences
Cette modernisation interpelle directement les acteurs de la restauration collective et de l’hôtellerie. Face aux exigences de la clientèle et aux contrôles réglementaires, le choix des fournisseurs devient un enjeu de réputation et de responsabilité juridique. S’approvisionner auprès d’une filière structurée apparaît désormais comme le levier indispensable pour garantir la qualité des menus et soutenir l’économie locale.
Au-delà de l’aspect sanitaire, les retombées économiques attendues sont majeures : réduction des pertes post-production, création d’emplois directs, limitation des circuits clandestins et renforcement de la souveraineté alimentaire du pays.

 

Cap sur Yaoundé : l’inauguration du 11 juillet

Cette ambition se matérialise dès cette semaine sur le terrain. Sous l’impulsion de Gilbert Ndeppe, figure de la diaspora camerounaise de France, et de ses équipes, la filière franchit un cap pratique.
C’est ce samedi 11 juillet 2026 qu’ouvrira officiellement à Yaoundé une boucherie porcine moderne, vitrine de cette nouvelle charte de qualité. Un premier jalon soutenu par l’Organisation Patronale Internationale des Entrepreneurs Immigrants (OPIEIM), qui marque le début d’une nouvelle ère pour la consommation de viande fraîche au Cameroun.

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