
L’annonce de l’investissement de 400 milliards de FCFA pour la construction de la ligne ferroviaire reliant Edéa, Kribi, Lolabé et Campo marque un tournant historique pour les infrastructures du pays. Officialisé par la signature d’un mémorandum d’entente par le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhé, ce projet développé en partenariat avec les géants Africa Global Logistics (AGL) et Camalco dessine les contours d’une économie plus compétitive et interconnectée. Une fois achevée, cette infrastructure de transport de masse va profondément transformer le paysage logistique et industriel national à travers trois leviers majeurs.
La connexion stratégique du Port de Kribi et des gisements miniers
Le premier grand bénéficiaire de cet accord est sans conteste le secteur industriel et minier, à commencer par le gisement de bauxite de Minim-Martap développé par Camalco. Avec des réserves massives, l’exploitation butait jusqu’ici sur le défi du transport de millions de tonnes de minerai de l’intérieur des terres jusqu’à l’océan. Le rail s’impose comme l’unique solution viable face à un transport routier trop coûteux.
En connectant la côte au nœud ferroviaire d’Edéa, et donc au réseau existant, le projet brise l’isolement du port en eau profonde de Kribi. L’infrastructure crée un véritable hub multimodal (mer-rail-route) capable d’absorber facilement les flux de marchandises et d’étendre sa zone d’influence vers l’hinterland et les pays voisins comme le Tchad ou la RCA.
Une révolution pour l’environnement, le réseau routier et la sécurité
Au-delà des gains commerciaux, le transfert du fret lourd vers le rail va radicalement transformer la gestion des transports de surface en retirant des milliers de gros porteurs de la circulation. Ce désengorgement massif des axes routiers nationaux garantit d’abord une bien meilleure préservation des routes en limitant leur dégradation prématurée, ce qui réduira considérablement les coûts de maintenance publique.
Parallèlement, la baisse du nombre de camions sur les couloirs stratégiques menant au littoral va fluidifier le trafic pour tous les usagers, ce qui renforcera directement la sécurité routière en limitant le risque d’accidents graves. Enfin, sur le plan écologique, le train s’impose comme une solution écoresponsable majeure puisque le transport ferroviaire émet nettement moins de gaz à effet de serre à la tonne transportée que la route. Le pays s’assure ainsi une empreinte carbone optimisée, en parfaite adéquation avec ses ambitions de développement durable.
Dynamisation des économies locales et création d’emplois
Le tracé qui relie Edéa à Campo va puissamment désenclaver les localités traversées. Au-delà du trafic de minerai, la ligne permettra de transporter plus facilement et à moindre coût les produits agricoles, halieutiques et industriels des régions du Littoral et du Sud, ouvrant de nouveaux débouchés pour les producteurs locaux. De plus, les phases de construction, puis d’exploitation et de maintenance de la ligne vont générer des milliers d’emplois directs et indirects, stimulant durablement l’économie tout au long de ce corridor en plein essor.










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