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Canton Longasse : la chefferie très convoitée

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La désignation du chef Supérieur dudit canton est carrément bloquée et certains memebres de la collectivité menace de se soulever si jamais les us et coutumes venaient à être bafoués

 

C’est depuis 1885 que cela a été établi chez les Longasse, village situé dans l’arrondissement de Dibamba, département de la Sanaga-maritime. Le processus de désignation du chef et la gestion des chefferies sont bien connus de tous et de chacun. Les documents de l’histoire montrent clairement que «Le chef élu est issu de la famille régnante Batjegui qui, à chaque occasion, choisit le chef sans tenir compte du fils, mais de l’honorabilité. Les Batjegui ont quatre foyers que sont, Hang, Heng, Makoro, Songo et presque tous ont exercé le pouvoir à l’exception des Songo», lit-on. Et dans les déclarations obtenues çà et là, il est clairement établi que «depuis le décès du chef supérieur Robert Bonga Yonge le 23 décembre 2017, l’organisation de la succession est bloquée par un clan, dignes fils de Longasse, qui sont contre la volonté des ancêtres et veulent imposer Bruno Yonge Mbamboum, fils du défunt chef. Portant depuis 1885, aucun enfant du chef n’a hérité du trône. Aucun enfant du chef n’a été chef. . Le chef est l’émanation d’une volonté populaire et élu selon les critères bien rigoureux. Encore que même, le père du défunt chef n’a jamais été chef de canton », avons-nous appris avec documents à l’appui. Dans l’histoire de cette chefferie, 8 chefs ont trôné. On nous a cité dans l’ordre :

1-Malumb Ntong Biet de la grande famille Batjegui, du foyer Makoro, qui a régné de 1885 à 1914

2- Lazare Bekatal de la même famille qui est resté au trône de 1919 à 1930.

3- Fritz Gérard Ngalle Ngosso même famille et du foyer Bahang de 1930-1937.

4-Félix Ngosso, même famille et du foyer Heng, de 1937-1961

5- Reinhold Mongo, foyer Heng, 1961-1964.

6-Albert Ngalle Ngalle, foyer Heng, de 1964-1968

7-Elie Aladin Elombo, qui a été une entorse dans la lignée, du foyer Bong, de 1970-1986

8-Robert Robert Bonga Yonge du Foyer Heng qui a régné de 1988 à 2017.

Les archives de l’histoire attestent qu’aucun «enfant des 7 premiers n’a été chefs, sauf celui du dernier qui veut briser le mythe et détruire ce que les ancêtres ont construit», avons-nous lu.

Dans les récits des faits il ressort donc que certaines autorités administratives ayant la bonne information des us et coutumes, ont respecté ce qui est. Mais après leur départ, tout est rentré dans le désordre. On pointe du doigt, Bruno Yonge Mbamboum, fils du défunt chef qui veut rester au trône alors même qu’il ne respecte pas les critères de choix : «Après les obsèques de Bonga Yonge en février 2018, Fritz Dikosso Seme, ancien Préfet de la Sanaga-Maritime, a tenu des consultations dans un délai d’un mois en vue de la désignation du nouveau chef du canton. Suivant ses instructions, la famille Batjegui s’est réunie le 10 mars 2018 comme il est de coutume à l’effet d’élire leur candidat à la succession, en présence de tous les candidats et tous les quatre foyers Makoro, Hang, Heng ou Dibé et Songo. Et le vote s’en est suivi avec l’élection de Ngom Urbain comme le candidat de la famille régnante Batjegui », nous a –t-on informés.

 

Bruno Yonge contre la volonté populaire

 

Bruno Yonge Mbamboum, fils du défunt chef veut casser l’ordre établi,  pourtant : «la succession n’est pas dévolue à ses ascendants, mais à tous ceux qui sont de la lignée de la famille régnante, cela depuis 1885. Raison pour laquelle le choix du nouveau chef par les notables et populations ne privilégie pas les fils du défunt qui, comme tous les autres candidats légitimes et éligibles, doivent satisfaire à certains critères et aspirations de la communauté», nous explique-t-on.

Une clarification a d’ailleurs a été envoyée Premier ministre aux mois de  mars et juin 2019 et au ministre de l’administration territoriale, qui ont donné raison à l’association « Mahol Ma Ngaha», qui défend farouchement les valeurs Longasse.

 

Réunions de famille interdite

 

Des sources introduites, nous revèlent qu’une réunion prévue et annoncée le 22 mai 2019, a été interdite par le nouveau préfet de la Sanaga maritime sans motif explicite. Pourtant le Premier ministre avait donné instruction, par courrier du 24 avril 2019 N°0446/CF/CABPM, on peut lire : « En application des dispositions du Décret N° 77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles, le Premier ministre vous demande d’instruire instamment le préfet du département de la Sanaga maritime de veiller à ce que la désignation du nouveau chef dudit canton se déroule dans une atmosphère d’apaisement et de toute transparence, dans le respect des traditions de cette communauté…», instruction donnée au Minat qui a saisi aussitôt le préfet. Mais sans aucune conséquence positive. Au contraire : « Il nous a même été interdit de tenir des réunions de famille. Les plus hautes autorités de la région du Littoral sont derrière pour torpiller le processus pourtant bien entamé selon les usages coutumiers dans le canton Longasse. Nous avons choisi Ngom Urbain pour la préservation de la paix, l’harmonie, la tranquillité. C’est pour nous un candidat qui répond aux critères et c’est depuis le 22 mai 2019 que nous nous sommes réunis», nous répondent certains notables qui nous indiquent encore que : « nous avons choisi à l’unanimité notre fils Ngom Urbain qui incarne mieux nos valeurs traditionnelles de références à savoir: l’amour, le respect, l’humilité et la paix,…», soutient un groupe de jeunes ressortissant de Longasse, qui évoquent les manœuvres souterraines «nous dénonçons toute manœuvre et immixtion des autorités administratives de la région, ainsi certaines personnalités de la communauté Sawa», ont-ils fait savoir.

Pour les membres de l’Association pour le développement économique et socioculturel du canton Logasse, « Mahol Ma Ngaha», «ceux-ci s’emploient à dépouiller les Longasse de leur âme, et à amener Cyrille Yvan Abondo, Préfet de la Sanaga-maritime à agir contre son gré, à violer le décret du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles et à tronquer les us et coutumes des Longasse», crient-ils ouvertement.

Ils invitent à cet effet, les plus hautes autorités de la République à «se saisir de ce dossier pour la préservation de la paix et de la cohésion sociale au sein de  la communauté Longasse, et que le nouveau chef de canton soit choisi selon les usages», sinon «les Longasse se sentiront frustrés, ce qui risque de provoquer de violents heurts et graves troubles à l’ordre public», ont-ils fait savoir.

Kellé Dadou

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