
Du 12 au 17 mai, la capitale économique du Cameroun se transforme en épicentre du cinéma continental. La première édition du Douala International Film Festival (DIFF) a ouvert ses portes sous le thème évocateur : « Filmer nos identités pour réveiller sur nos écrans l’Afrique qui vient ». Entre célébration du patrimoine et perspectives de développement, ce nouveau rendez-vous s’annonce déjà comme un pilier de la culture urbaine camerounaise.
Une vision anthropologique pour le récit collectif
Le coup d’envoi de cette première édition a réuni un parterre impressionnant de professionnels : réalisateurs, acteurs, producteurs, critiques et étudiants. Pour le cinéaste Patrick Epapè, l’âme du festival réside dans la capacité des Africains à se réapproprier leur propre image. Au-delà des projections, l’ambition est d’utiliser le support cinématographique comme un outil anthropologique, capable de transformer la mémoire collective en récits universels. L’idée est de mettre en lumière des histoires restées trop longtemps dans l’ombre et de valoriser un patrimoine culturel d’une richesse inestimable pour toucher les masses.
L’émotion était palpable lors de l’ouverture, notamment avec la présence de Franklin Epapè, investisseur venu d’Ottawa pour soutenir ce projet. « Je suis très content de ce que je vois aujourd’hui, le festival a un très grand avenir », a-t-il déclaré, saluant la mobilisation massive du public et des autorités dès le premier jour.
Toutefois, cette fête du cinéma ne pouvait ignorer l’actualité tragique du secteur. Dans un moment de recueillement, le Dr Roger Mbassa Ndinè, maire de la ville de Douala, a rendu un hommage vibrant au promoteur des « Écrans Noirs », figure tutélaire du cinéma africain récemment disparue. Ce rappel de la grandeur des bâtisseurs de culture a marqué les esprits, soulignant la responsabilité qui incombe désormais au DIFF de reprendre le flambeau de la promotion cinématographique au Cameroun.
Douala, cité des arts et tremplin pour la jeunesse
L’implication de l’exécutif municipal témoigne de l’importance stratégique de l’événement. Le Dr Roger Mbassa Ndinè a exprimé sa fierté de voir une telle initiative naître dans sa cité. Pour l’édile, le festival est en parfaite adéquation avec la vision de la Communauté Urbaine de Douala, visant à faire de la métropole une véritable cité des arts et un carrefour de brassage des peuples.
S’exprimant lors de la cérémonie, le maire a déclaré .se réjouir d’être parmi les invités au moment où le rideau va s’ouvrir sur l’excellent programme que propose le Douala International film festival pour sa première édition.Il a ajouté que cette rencontre s’inscrit dans la ligne de force culturelle de l’action de l’exécutif municipal de la communauté urbaine de Douala qui consiste à asseoir fermement la dimension de la cité des arts et de la culture qu’est la ville de Douala qui est un grand carrefour de brassage des peuples et des cultures .
Le maire voit en ce festival un moteur de développement social et économique. Il a souligné que la ville de Douala jusqu’au fin fond des quartiers regorge des talents en herbes auxquels le Douala international film festival pourrait donner la chance d’entamer une carrière glorieuse dans l’un ou l’autre des nombreux métiers du cinéma .C’est un espoir de professionnalisation pour une jeunesse en quête de repères. En conclusion, il a rassuré les organisateurs sur l’accompagnement de la ville : «les services techniques de la mairie suivront attentivement le déroulement du festival et se tiendront prêts à étudier avec les organisateurs les modalités d’une collaboration future en vue d’atteindre les objectifs amplement partagés».
Le festival, déployé sur plusieurs sites, promet cinq jours d’échanges intenses où master class et ateliers offriront aux curieux comme aux spécialistes les clés d’un cinéma africain résolument tourné vers l’avenir, car pour l’édile, le cinéma sait être un puissant véhicule de transmission.










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