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TOGETHER HANDISPORT : LE CRI DU COEUR POUR L’INCLUSION AU CAMEROUN

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À l’approche de la Journée Internationale des Personnes Handicapées, l’association Together Handisport a réuni experts et athlètes lors d’une conférence de presse majeure. Son objectif : dénoncer l’inaction des pouvoirs publics et exiger l’application réelle des textes législatifs. Entre appels à la simplification administrative, témoignages poignants sur l’accès aux services sociaux de base et leçons de résilience, l’organisation plaide pour une inclusion authentique et digne au sein de la société.

L’accès aux services sociaux de base : un chemin de croix quotidien
Pour les personnes à mobilité réduite au Cameroun, l’accès à la santé, à l’éducation, au logement et à l’emploi relève du parcours du combattant. Les cadres légaux votés par la représentation nationale restent lettre morte face aux dures réalités du terrain. Le président de Together Handisport, Serge Marcellin Fosso, a fermement exhorté l’État à prendre ses responsabilités : « Nous demandons aux pouvoirs publics de faire respecter la loi qui protège la personne en situation de handicap, parce que dans tous les secteurs de notre société il y a des lois qui accompagnent les personnes en situation de handicap. »
Cependant, le chemin vers l’inclusion reste semé d’embûches et l’association se heurte en effet à une réelle difficulté pour se faire accompagner et soutenir dans sa lutte pour l’autonomisation des personnes handicapées. Face à la frilosité ou à l’indifférence générale, seule une banque citoyenne a choisi de s’engager fermement à leurs côtés et de les accompagner dans cette cause : ACCESS BANK.
L’un des leviers majeurs de cette autonomisation demeure la carte d’invalidité, sésame indispensable pour accéder aux services sociaux fondamentaux. Pourtant, sa procédure d’obtention s’avère décourageante et d’une complexité rare. « Nous devons rendre les procédures faciles, pour permettre l’accès au plus grand nombre cette carte d’invalidité et ensuite que le gouvernement respecte la loi qui porte sur la promotion, la protection et l’inclusion des personnes en situation de handicap » , a insisté M. Fosso. Il estime qu’au-delà de l’administration, chaque citoyen en contact avec une personne handicapée doit s’assurer qu’elle possède ce document et l’orienter au besoin vers les centres sociaux communaux, les commissariats ou les hôpitaux.

Felicia Laureen Um : une « Iron Lady » portée par la résilience et la joie de vivre
Au milieu de ces défis structurels, une figure incarne lumineusement l’espoir, la combativité et la joie de vivre : Felicia Laureen Um. Athlète paralympique, mannequin et créatrice de contenu, celle que l’on surnomme amicalement « The Iron Lady » transforme chaque jour son handicap en une force rayonnante. Menant une vie normale et épanouie sur tous les plans, elle aborde le quotidien avec une gaieté communicative et refuse de s’enfermer dans une posture de vulnérabilité.
Malgré les préjugés et le dédain parfois subi dans certains services publics, elle invite la population à cultiver une empathie sincère plutôt que la stigmatisation. Parallèlement, elle exhorte ses pairs à puiser dans leurs ressources intérieures pour surmonter le regard de l’autre :
« J’invite en même temps la personne handicapée à se surpasser, nonobstant le regard que la population porte sur les handicapés bien que ce ne soit pas facile en invitant les handicapés eux-mêmes à lever toutes les appréhensions qu’ils ont sur eux-mêmes. » Son rêve ultime est désormais de porter haut les couleurs du pays aux Jeux paralympiques de Los Angeles en 2028. Pour y parvenir, elle a lancé un appel sur ses réseaux sociaux afin de récolter 12 000 000 de Francs CFA, somme requise pour l’achat d’une nouvelle prothèse performante.

La cherté des prothèses et l’urgence d’une production locale
L’accès aux équipements orthopédiques de base constitue un autre obstacle financier majeur dénoncé lors de la conférence. Felicia Laureen Um rappelle avec beaucoup de lucidité cette douloureuse réalité : « Avoir une prothèse n’est pas un luxe, mais une nécessité et beaucoup d’enfants en situation de handicap sont abandonnés et délaissés parce que les familles ne sont pas en mesure de pouvoir se procurer une prothèse » .
Aujourd’hui, le coût d’un tel appareillage oscille entre 350 000 et 3 000 000 de Francs CFA, un montant prohibitif pour la majorité des ménages en raison de l’importation exclusive des matériaux. Face à cette situation, les experts orthoprothésistes Muchia Norbert Gerard Kusi ont proposé des alternatives d’urgence. Ils recommandent vivement que « l’état du Cameroun doit créer des centres de formation en fabrication des prothèses ce qui n’existe pas encore » . Selon eux, l’émergence d’une expertise et d’une main-d’œuvre locales permettra de multiplier les ateliers de fabrication, d’attirer des fournisseurs et d’induire une baisse drastique des prix, rendant enfin la mobilité accessible à tous.

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