Santé

DOUALA : LA VILLE MISE SUR UNE ACTION CONCERTÉE POUR PROTÉGER LA SANTÉ DES POPULATIONS

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Eau potable, sécurité des denrées alimentaires, gestion des déchets, assainissement et qualité de l’air : la ville de Douala entend agir sur plusieurs fronts pour améliorer le cadre de vie et, par conséquent, la santé et le bien-être de ses populations. La quatrième session du comité de pilotage du projet de gouvernance urbaine pour la santé et le bien-être s’est tenue mardi 15 septembre 2026 à l’hôtel Sawa, sous la présidence d’Armand Charles Metha, secrétaire général de la Communauté urbaine de Douala (CUD), représentant le maire de la ville.

À Douala, les questions de santé publique ne se limitent plus aux seules structures sanitaires. Les autorités municipales veulent désormais agir davantage sur les conditions environnementales et sociales qui influencent directement le bien-être des populations. C’est tout l’enjeu du projet de gouvernance urbaine pour la santé et le bien-être, mis en œuvre avec l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et en collaboration avec plusieurs administrations sectorielles. Réunis pour la quatrième session du comité de pilotage, les différents acteurs ont examiné les actions engagées dans plusieurs domaines considérés comme déterminants pour la santé des populations. Parmi les priorités figurent notamment l’eau, les denrées alimentaires et la gestion des déchets.

Sur la question de l’eau et de la sécurité sanitaire des aliments, la Communauté urbaine de Douala travaille avec le ministère de l’Eau et de l’Énergie et le ministère de la Santé publique. Cette collaboration traduit la volonté de mettre en commun les compétences des différents secteurs afin de répondre aux risques sanitaires qui peuvent affecter les populations. « C’est donc un combat commun pour améliorer les conditions sanitaires des populations », a expliqué Armand Charles Metha, secrétaire général de la CUD et représentant du maire de la ville.

Les déchets hospitaliers sous surveillance

La gestion des déchets constitue également un volet important du dispositif. Une attention particulière est accordée aux déchets issus des formations sanitaires, notamment les hôpitaux et les laboratoires d’analyse. Ces déchets, lorsqu’ils sont souillés ou mal pris en charge, peuvent représenter une source potentielle de contamination pour les populations et l’environnement. Leur collecte, leur traitement et leur élimination doivent donc obéir à des procédures adaptées. « Tout ce qui sort des structures hospitalières, notamment des hôpitaux et des laboratoires d’analyse, nécessite un traitement adéquat, allant même parfois jusqu’à l’incinération pour éviter que ces ordures qui sont souillées ne viennent contaminer les populations », a précisé Armand Charles Metha.

La municipalité entend ainsi inscrire la gestion des déchets dans une approche globale de santé publique, où la prévention occupe une place centrale.

La qualité de l’air, nouveau chantier

Autre préoccupation désormais intégrée dans cette démarche : la qualité de l’air. La CUD, en collaboration avec la Direction de l’environnement et de la santé, mène des études sur la qualité de l’air respiré par les habitants de la métropole.

L’objectif est notamment de mieux documenter la pollution atmosphérique et ses éventuels impacts sur la santé. Pour les responsables municipaux, cet enjeu mérite une attention particulière dans une ville fortement urbanisée et confrontée à diverses sources de pollution. « Il n’échappe à personne que l’air peut être pollué et être une source de maladie », a relevé le secrétaire général de la CUD. Ces travaux viennent compléter les trois principaux axes déjà identifiés que sont les déchets, l’eau et les denrées alimentaires.

À Douala 3e, le curage des drains ne suffit pas

La question de l’assainissement reste, elle aussi, intimement liée à la santé et au bien-être des habitants. Dans l’arrondissement de Douala 3e, les services de la commune et ceux de la Communauté urbaine de Douala ont procédé au curage de plusieurs drains.

Pour le maire de la commune d’arrondissement de Douala 3e, Valentin Epoupa Bossambo, ces opérations doivent être accompagnées d’un changement de comportement de la part des populations. « Il y a un problème important : il faut une éducation des populations. Les drains ne sont pas les poubelles là où on jetterait tout. Cette fois-ci, on a vu ce que cela peut produire. Heureusement pour Douala 3e, les drains viennent d’être curés », a-t-il souligné.

Le message est donc clair : les infrastructures d’assainissement ne peuvent jouer pleinement leur rôle que si elles sont préservées. Le dépôt anarchique des déchets dans les drains contribue à leur obstruction et peut aggraver les problèmes d’assainissement auxquels sont confrontés certains quartiers de la ville.

L’OMS mise sur la synergie des acteurs

Pour l’Organisation mondiale de la Santé, cette démarche repose avant tout sur une approche multisectorielle. Dr Magaran Monzon Bagayoko, représentant de l’OMS au Cameroun, rappelle que la santé ne dépend pas uniquement de l’offre de soins. « Nous savons que la santé des populations dépend des conditions dans lesquelles elles naissent, étudient, grandissent, vivent et travaillent. Donc, le cadre de vie est très déterminant dans la santé et le bien-être des populations », a-t-il déclaré.

Selon lui, le projet, développé en partenariat avec les autorités communales de Douala, constitue un projet de démonstration destiné à montrer qu’une collaboration entre les populations, le secteur de la santé, l’environnement et les autres secteurs peut contribuer à relever les défis liés au bien-être.

Depuis le lancement du projet, l’OMS accompagne la ville de Douala en apportant notamment des moyens catalytiques, mais également un appui à la coordination et à l’orientation des différentes interventions. « Le travail repose assez sur l’engagement de nos maires », a insisté le représentant de l’OMS au Cameroun.

La quatrième session du comité de pilotage aura ainsi permis de réaffirmer une conviction partagée par les différents acteurs : l’amélioration de la santé des populations passe aussi par la qualité de leur environnement et de leur cadre de vie. À Douala, la gouvernance urbaine entend désormais renforcer cette approche en rapprochant les secteurs de la santé, de l’environnement, de l’eau, de l’assainissement et de la gestion des déchets autour d’un même objectif : améliorer durablement les conditions de vie des habitants.

Georges potain likeng

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