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ENTREPRENEURIAT JEUNES À DOUALA : LE NGONDO ET SES PARTENAIRES S’ATTAQUENT AU DÉFI DE LA FIABILITÉ DES PME

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Du 28 septembre au 2 octobre 2026, le Palais de la culture sawa abrite une Journée-atelier axée sur l’autonomisation économique des jeunes. Au-delà du discours institutionnel, l’initiative met en lumière les conditions sine qua non d’une véritable culture de l’entreprise locale.

L’initiative conjointe du Ngondo, du Fonds national de l’emploi (FNE) et de la Communauté urbaine de Douala (CUD) intervient dans un contexte économique sous pression. Face à l’engorgement du secteur public et aux capacités d’absorption limitées du marché de l’emploi salarié, la réponse à la vulnérabilité des jeunes ne peut plus reposer sur de simples promesses d’embauche. La leçon inaugurale dispensée par le Pr Isaac Bernard Ndoumbe Berock, enseignant-chercheur, expert international en RSE et PDG du cabinet Bright International Consulting Group, a posé un diagnostic lucide : la viabilité économique de la métropole passe par la captation des opportunités stratégiques dans l’économie verte, le numérique, l’agroalimentaire et les services. La forte affluence des apprenants venus de l’ensemble des cantons de la ville confirme ainsi une attente forte, mais aussi une prise de conscience générationnelle.

Reformater la culture du projet : du diplôme à la création de valeur
L’un des défis majeurs réside dans la déconstruction du réflexe salarial au profit d’un état d’esprit orienté vers la création d’opportunités. Il ne s’agit pas seulement d’encourager la débrouillardise, mais d’inculquer la rigueur méthodologique nécessaire à la conduite d’affaires bancables et adaptées au marché.
Pour Charles David Eyango Ekwa, secrétaire général du Ngondo, cette démarche vise à impulser des leviers structurels : « L’organisation par le Ngondo des journées-ateliers entrepreneuriat au profit de la jeunesse permettra de sensibiliser et de développer chez nos jeunes un état d’esprit entrepreneurial [et] de renforcer les capacités en structuration d’une idée d’activité. » Cette étape de sensibilisation répond directement à la nécessité de faire pivoter des idées souvent informelles vers des modèles économiques mûrs et alignés sur les besoins réels du marché.

Franchir le cap des 5 ans : l’impératif des réseaux et du terrain
L’enthousiasme entrepreneurial se heurte fréquemment à la dure réalité des chiffres : la mortalité précoce des petites entreprises menace de transformer la création d’activités en précarité prolongée si elle n’est pas soutenue par un encadrement post-création efficace. Pour y remédier, des mécanismes pratiques ont été proposés dès ce premier jour pour structurer la démarche des porteurs de projets.
Mme Marie Caroline Kingue, promotrice du cabinet Makaki et consultante, insiste sur cette feuille de route opérationnelle : « L’objectif final c’est qu’ils aient des entreprises solides et durables quand on sait que les entreprises nouvellement créées au bout de 5 ans 7 sur 10 ferment. Nous leur donnons des outils pour continuer à creuser la réflexion, pour continuer à aller sur le terrain chercher des informations, pour créer leur propre association. Le réseau est très important dans ce cas, se connecter, partager les expériences, les expertises, leur donner des pistes pour se faire éventuellement accompagner par les incubateurs. » L’analyse montre qu’une idée à elle seule ne suffit pas ; la survie des structures émergentes repose sur la confrontation directe avec le terrain, l’action collective et l’adossement à des structures d’incubation.

Repenser le rôle des autorités traditionnelles dans la régulation sociale
En s’impliquant directement dans la formation des jeunes, les chefferies traditionnelles dépassent leur rôle classique de conservation du patrimoine culturel pour s’imposer comme des catalyseurs de développement local.
Sa Majesté Nsame Nsame, chef du village Boneko, résume cet impératif territorial : « Il s’agit ici de mettre à leur disposition des réflexions […] et de ne pas se cloîtrer à attendre le circuit formel de la recherche de l’emploi, leur montrer qu’à travers l’entrepreneuriat personnel ils puissent s’épanouir. » Cette synergie entre tradition, expertise technique et pouvoir municipal esquisse un modèle de gouvernance participative où l’autonomisation de la jeunesse devient le premier gage de la stabilité sociale et de la prospérité régionale.

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