Le gouvernement camerounais vient de prolonger, pour la deuxième fois, les opérations mutualisées du 4ᵉ Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4) et du module de base du Recensement général de l’agriculture et de l’élevage (RGAE). Par un arrêté signé le 30 juillet 2026 par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, une période complémentaire de ratissage est instituée du 1ᵉʳ août au 15 septembre 2026 afin d’améliorer la couverture du dénombrement sur l’ensemble du territoire national.
Un deuxième report pour atteindre tous les ménages
Alors que les opérations de recensement devaient initialement s’achever à la fin du mois de mai, elles avaient déjà été prorogées une première fois par un arrêté du 29 mai 2026. Le gouvernement juge toutefois nécessaire de prolonger à nouveau les travaux afin de garantir l’exhaustivité des données collectées.
L’arrêté du Premier ministre précise que cette période complémentaire de ratissage permettra d’identifier les ménages, les personnes et les exploitations agricoles qui n’ont pas encore été recensés. Les équipes de terrain devront également contrôler et valider la couverture géographique, intensifier les actions de sensibilisation auprès des populations et mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires à l’achèvement satisfaisant des opérations. 
Une mobilisation renforcée sur le terrain
Le texte confie aux gouverneurs, préfets et sous-préfets la responsabilité de veiller au bon déroulement de cette nouvelle phase dans leurs circonscriptions respectives. Les autorités administratives devront également mobiliser les chefs traditionnels, les responsables de quartiers et de villages ainsi que les leaders communautaires afin de faciliter l’accès des agents recenseurs aux concessions et d’encourager la participation des populations.
Pendant toute la durée du ratissage, les personnes résidant sur le territoire national sont invitées à répondre aux questions des agents recenseurs, identifiables par leurs badges ou accessoires officiels. Le gouvernement rappelle par ailleurs que les informations recueillies demeurent strictement confidentielles et sont protégées par la législation en vigueur.
Ce deuxième report traduit la volonté des pouvoirs publics de disposer de statistiques démographiques et agricoles aussi complètes que possible. Les résultats du RGPH-4 et du RGAE sont attendus pour orienter les politiques publiques, la planification du développement, la répartition des infrastructures et l’amélioration des services sociaux à travers le pays.
Des ratés sur le terrain et la colère des agents
Malgré la volonté affichée d’exhaustivité, les témoignages d’habitants oubliés ou d’opérations inachevées se multiplient dans certains quartiers.
« Depuis que l’on parle de recensement, je n’ai jamais vu un agent devant mon portail, moi je suis un retraité, je ne sors presque jamais, et quand bien même il m’arrive de sortir mon épouse elle aussi retraitée est toujours à la maison, et plusieurs maisons sont dans ce cas dans mon quartier. »
Simeon N., habitant derrière le lycée de la cité des palmiers
Une situation d’abandon ou de passage inachevé que confirme un autre riverain de la zone :
« Les agents recenseurs sont venus dans notre camp un jour, ils ont posé une question et ils ont promis de revenir. Ils ne sont plus jamais revenus jusqu’à ce jour. »
Yves Talla, mécanicien résidant au lieu-dit Entrée marché PK12
Parallèlement à ces ratés logistiques, le dispositif pâtit du mécontentement grandissant des agents recenseurs. Sur le terrain, bon nombre d’entre eux dénoncent des retards de paiement criants : plusieurs affirment n’avoir toujours pas perçu le moindre sous depuis le lancement des opérations, y compris les frais de formation qui leur avaient été promus. Cette précarité financière pèse lourdement sur la motivation des équipes et explique en partie les abandons de postes ou le ralentissement de la couverture du territoire.










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