
Quatre jours après son limogeage du gouvernement, l’ex-Premier ministre a été élu président de l’Assemblée nationale ce mardi 26 mai 2026. Si cette élection marque une nouvelle étape dans la reconfiguration du pouvoir face au président Bassirou Diomaye Faye, elle s’est déroulée dans un climat de vive tension juridique, marquée par le boycott d’une partie de l’opposition.
Un plébiscite sur fond de boycott
Le suspense n’aura pas duré dans un hémicycle largement dominé par le parti au pouvoir. Ousmane Sonko a été élu au perchoir par 132 voix sur 133 exprimées, succédant immédiatement à Malick Ndiaye, démissionnaire deux jours plus tôt.
Cependant, ce vote s’est tenu en l’absence de 32 députés de l’opposition. Ces derniers ont bruyamment quitté la séance pour protester contre la légalité même du scrutin. Selon eux, en devenant Premier ministre, Ousmane Sonko avait définitivement renoncé au mandat de député qu’il avait obtenu lors des législatives de novembre 2024. Une lecture du droit balayée par le camp présidentiel : pour Marie Rose Faye, porte-parole du Pastef, la validation préalable de sa réintégration par le bureau de l’Assemblée rend la procédure « parfaitement légale ».
Entre appel à l’apaisement et critique du pouvoir
Désormais deuxième personnage de l’État, Ousmane Sonko a profité de son discours d’investiture pour fixer ses conditions au président Bassirou Diomaye Faye, alors qu’un nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, a été nommé la veille. Le nouveau chef du Parlement a regretté publiquement que le Pastef n’ait été associé ni à cette nomination, ni aux consultations gouvernementales.
Malgré ce qu’il qualifie de « faux départ », le leader du Pastef a choisi de souffler le chaud et le froid, oscillant entre un appel à l’apaisement et une critique du pouvoir :
Un appel à l’apaisement : Face aux divisions, Ousmane Sonko a lancé un message de rassemblement, se disant ouvert à « une discussion responsable qui met de côté les egos » afin de trouver les voies d’une gouvernance apaisée et de terminer le mandat dans les meilleures conditions.
Une critique du pouvoir : Il a parallèlement fustigé la gouvernance actuelle en lançant une pique directe à l’exécutif : « On ne peut pas être dans un système d’hyperprésidentialisme au Sénégal aujourd’hui », a-t-il prévenu, exigeant que tout soutien futur au président Faye se négocie désormais autour du programme et des orientations politiques.
Avec cette élection, le Sénégal entre dans une configuration politique inédite où le cœur du pouvoir législatif entend bien faire peser sa légitimité face à l’autorité présidentielle.










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