De retour d’un séjour intense aux États-Unis le 21 avril 2026, le coordonnateur de la plateforme Kawtal, Abel Elimbi Lobe, s’est imposé comme la voix de la résistance face à ce qu’il qualifie de « remplacement progressif » des peuples autochtones du Littoral. Entre distinctions internationales et discours de mobilisation, l’homme politique réaffirme son combat pour une représentation nationale juste.
Un leadership salué au « Pays de l’Oncle Sam »
Parti le 1er avril dernier à la rencontre de la diaspora Sawa résidant aux États-Unis, Abel Elimbi Lobe n’est pas revenu les mains vides. Son leadership, qu’il définit par la bravoure et la constance, a trouvé un écho favorable au-delà des frontières nationales.
L’État du Maryland lui a décerné un prix d’honneur pour son engagement profond en faveur de la justice et de l’équité. Parallèlement, l’association *Mboa Sawa O America* lui a remis le prestigieux prix Nguènguéti,récompensant sa lutte contre la marginalisation des minorités et son dévouement à la préservation de la culture des peuples autochtones.
Le constat d’un déséquilibre électoral majeur
Lors d’un discours puissant tenu à son retour, Abel Elimbi Lobe a dressé un bilan chiffré de ce qu’il considère comme une injustice flagrante envers la région du Littoral. Il souligne une disparité frappante entre les régions : alors que l’Extrême-Nord occupe sereinement ses 29 sièges de députés avec ses propres fils, et que le Sud fait de même avec ses 11 sièges,le Littoral voit sa souveraineté politique s’effriter.
L’homme politique dénonce le fait que sur les 19 sièges initialement attribués au Littoral par le chef de l’État, seuls 10 sont aujourd’hui occupés par des natifs de la région. Les 9 autres sièges ont été conquis par des forces extérieures, portant mécaniquement le nombre de représentants de l’Ouest à 36 députés à l’Assemblée nationale, bien au-delà des 25 sièges qui leur sont légalement dévolus.
Un plaidoyer pour le respect de la Constitution
Abel Elimbi Lobe fonde son combat sur le respect strict des textes juridiques camerounais. Il rappelle avec force l’article 151 du Code électoral qui impose la prise en compte des « composantes sociologiques » lors de la constitution des listes.
Pour lui, cette disposition est aussi contraignante que celle du genre. Il prend pour exemple le cas de Wouri-Est, où sur 4 sièges à pourvoir, 3 sont occupés par des ressortissants d’une autre région, ne laissant qu’un seul siège à la circonscription d’origine. Il avertit les partis politiques qu’il n’hésitera pas à saisir le Conseil constitutionnel pour faire invalider toute liste ne respectant pas les droits des autochtones.
Prévenir les crises futures : La leçon du NOSO
L’homme politique établit un parallèle audacieux avec la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Il soutient que si les signaux de mécontentement des communautés anglophones avaient été pris au sérieux plus tôt, le conflit aurait pu être évité. Aujourd’hui, il perçoit dans le Littoral un malaise similaire né du sentiment de marginalisation.
> « Le Littoral se plaint aussi de marginalisation, pas la même que celle des anglophones, mais une autre qui est beaucoup plus un remplacement », prévient-il, appelant à une mobilisation avant que la situation ne devienne irréversible.
Une nouvelle stratégie : Le soutien aux listes 100 % autochtones
Fort du soutien financier et moral récolté auprès de la diaspora (notamment à Washington et Miami), Abel Elimbi Lobe prépare la suite de la lutte sur le terrain. Son ambition est claire : financer et accompagner des listes composées exclusivement d’autochtones dans chaque circonscription stratégique, comme le Moungo-Nord et ses 3 sièges ou le Wouri-Centre.
Son message final est un appel à l’ordre et à la cohésion : le Cameroun est une nation de micro-nationalités où chaque communauté doit avoir sa place, sans que la démographie ou l’exode rural ne servent de prétexte à la prédation politique.










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