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DOUALA : LE NGONDO S’OPPOSE FERMEMENT À LA CRÉATION D’UNE CHEFFERIE AU QUARTIER «GRAND -MOULIN »

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Le climat social s’alourdit dans le département du Wouri suite à la publication d’un communiqué officiel teinté de sidération et de révolte par le NGONDO, l’instance faîtière des autorités traditionnelles Sawa. L’organisation y dénonce avec la dernière énergie une décision administrative du Sous-Préfet de l’arrondissement de Douala 1er, Arnaud Heungap, qu’elle qualifie d’initiative à la fois inqualifiable et inacceptable.
L’autorité préfectorale a en effet manifesté son intention de procéder à la désignation d’un Chef de 3ème degré au quartier dit « Grand Moulin Bonateki-Deido », une démarche qui provoque une levée de boucliers chez les gardiens de la tradition. Pour contester la légitimité de cet acte, la haute assemblée Sawa dresse un réquisitoire implacable qui repose sur deux arguments majeurs.

L’hérésie administrative et le mépris de l’orthodoxie
Le premier argument invoqué par le NGONDO concerne le mépris flagrant de l’orthodoxie administrative en vigueur au Cameroun. L’organisation traditionnelle rappelle à l’autorité préfectorale qu’il existe une frontière juridique et sacrée, souvent bafouée par l’administration moderne, entre les véritables Chefs de 3ème degré et les simples chefs de quartiers.
Alors que la chefferie de 3ème degré est d’essence profondément traditionnelle, liée au sang et à l’histoire d’un terroir, les dirigeants de zones, de quartiers ou de blocs ne sont que des auxiliaires administratifs sans aucun degré ni fondement coutumier. En tentant d’ériger le quartier Grand Moulin en chefferie de 3ème degré, le Sous-Préfet crée une confusion des genres et introduit une anomalie qui dénature profondément l’architecture traditionnelle Sawa.

Une tentative de partition territoriale
Au-delà de cette hérésie juridique, le second argument brandi par le NGONDO touche directement à l’intégrité territoriale du village de Bonateki-Deido. Le secteur ciblé par le décret administratif se nomme explicitement « Quartier Grand Moulin Bonateki-Deido »,ce qui démontre son appartenance historique et géographique indissociable à ce village Sawa.
Vouloir installer un nouveau Chef de 3ème degré autonome au sein de cette enclave équivaut à une tentative de partition territoriale qui fragilise directement l’autorité du Chef traditionnel légitime déjà en place à Bonateki-Deido. Le NGONDO fustige ce reniement des acquis historiques, rappelant que l’Administration Préfectorale du Wouri avait elle-même consacré, depuis plus de deux décennies, l’obligation pour toutes les populations cosmopolites de s’aligner derrière le pouvoir traditionnel local existant.

La voix de la communauté : Entre soulagement et appel à l’action
Sur le terrain, la prise de position de l’instance faîtière suscite de vives réactions au sein des communautés locales, oscillant entre approbation et impatience face à la menace d’un passage en force.
Pour Richard N. natif de Bonejang à Akwa, la sortie du NGONDO est un signal fort qui, il l’espère, calmera les ardeurs de l’autorité administrative :
> « Je suis très content de la réaction du NGONDO. On espère qu’avec celle-ci, le Sous-Préfet va prendre conscience qu’il est sur la mauvaise voie et qu’il va se rétracter rapidement, au risque que nous ayons un autre Dikolo ici à Bonateki. »

Cependant, chez d’autres riverains, l’heure n’est plus seulement aux déclarations textuelles. La crainte de voir l’histoire se répéter pousse certains à réclamer une posture beaucoup plus offensive. C’est le cas de Mme Agnès Ngando, habitante du quartier Deido, qui exprime un sentiment de ras-le-bol partagé par de nombreux autochtones :
« Trop c’est trop. Nous attendons le mot d’ordre du NGONDO. On espère, mais plus de communiqué ! C’est bien de condamner, mais il faut agir, sinon il risque de passer en force. »

Un appel à la paix sociale face aux « provocations »
Le communiqué, signé par Sa Majesté MBODI EPÉE Gaston, président en exercice du NGONDO, se conclut par une mise en garde solennelle face à ce qui est perçu comme des provocations périlleuses motivées par des intérêts personnels.
En rappelant que la patience du peuple Sawa a des limites, l’assemblée appelle à l’union des Camerounais pour préserver le vivre-ensemble promu par le Chef de l’État Paul Biya, tout en martelant que le respect mutuel des identités territoriales reste le socle indispensable de la paix sociale à Douala.

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