
Le Cercle municipal de la Communauté urbaine de Douala a accueilli une importante session de sensibilisation et de renforcement des capacités des opérateurs de vidange. Organisée à l’initiative de l’Association des Professionnels de la Vidange de Douala (APROVAL), sous l’égide de la FAAC et avec le soutien de l’APAA, cette rencontre marque un tournant pour un secteur crucial.
Formaliser un secteur clé pour sortir de l’ombre
Acteurs essentiels de la santé publique et de la salubrité urbaine, les vidangeurs exercent pourtant dans des conditions précaires. Pour Tidang Nogho Bertrand, président de l’association et spécialiste en gestion des effluents, cette journée est à marquer d’une pierre blanche. « Aujourd’hui, c’est une opportunité pour nous de rassembler les opérateurs de vidange pour pouvoir les former et les entretenir. Ces professionnels sont à l’avant-poste de l’économie de la ville, mais c’est malheureusement quelque chose de très négligé », souligne-t-il.
Le constat est alarmant : près de 95 % des opérateurs évoluent encore dans l’informel. « Quand on est dans le secteur informel, on n’a pas la possibilité d’accéder aux gros marchés ou aux crédits bancaires, et l’on est exposé aux tracasseries policières régulièrement », explique-t-il. L’objectif est donc de démystifier la fiscalité et de montrer que la formalisation est essentielle au développement.
Sécurité des équipes et préservation du matériel
Le métier comporte de lourds risques biologiques, chimiques et physiques. Le drame récent ayant coûté la vie à des techniciens asphyxiés par des gaz émanant d’une fosse septique rappelle l’urgence d’agir. « C’est l’opportunité de leur montrer l’importance de se protéger pendant qu’ils travaillent et de leur enseigner la composition des boues de vidange pour prévenir les accidents », insiste le président.
Par ailleurs, l’accent a été mis sur la maintenance préventive des camions hydrocureurs. « Nous achetons des camions d’Europe, mais lorsqu’ils arrivent ici, il faut comprendre qu’ils entrent dans un autre écosystème où il faut travailler en tenant compte des réalités », rappelle-t-il. Un entretien rigoureux est vital pour réduire les pannes et pérenniser les équipements.
La station de Ngombè : Un joyau à préserver
Cette dynamique de modernisation accompagne la mise en service de la Station de Traitement des Boues de Vidange de Ngombè. « Le maire a doté la ville d’une station gigantesque, la meilleure de toute l’Afrique subsaharienne, capable de traiter plus de 270 m3 de vidange par jour », rappelle Tidang Nogho Bertrand.
Cependant, un tel outil exige un niveau d’exigence accru : « Si nous ne formons pas les vidangeurs pour qu’ils travaillent de manière professionnelle, alors nous ne serons pas capables de voir cette station fonctionner de manière durable. » Face aux freins du terrain, le président lance un appel direct aux autorités : « Je voudrais demander au maire, au préfet du Wouri et au gouverneur de nous aider à cesser les tracasseries policières. La nouvelle station est un trésor, et il faut la préserver. »
DOUALA : LES OPÉRATEURS DE VIDANGE RENFORCENT LEURS CAPACITÉS POUR PROFESSIONNALISER LE SECTEUR










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