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FORMATION PROFESSIONNELLE : ISAC-ESMOD PRÉPARE PLUS DE 500 ÉTUDIANTES À L’EMPLOI ET À L’ ENTREPRENEURIAT

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À Douala, le groupe universitaire ISAC-ESMOD entend faire de la formation professionnelle un véritable tremplin vers l’autonomie économique des jeunes. Lors de sa rentrée académique solennelle 2026-2027, organisée le 30 octobre à Grand Moulin Deïdo, son promoteur, Paul Nguepi, a mis en avant la progression des effectifs, les investissements dans les équipements pédagogiques et les dispositifs d’accompagnement à l’entrepreneuriat. Un message relayé par la représentante de l’administration en charge de la formation professionnelle, qui a insisté sur la discipline, la rigueur et la qualité du travail comme conditions de réussite.

Former des jeunes capables de vivre de leurs compétences plutôt que de dépendre exclusivement d’un emploi salarié : c’est l’ambition affichée par le groupe universitaire ISAC-ESMOD pour l’année académique 2026-2027. L’établissement a officiellement lancé ses activités le vendredi 30 octobre 2026, dans ses locaux du quartier Grand Moulin Deïdo, dans l’arrondissement de Douala 1er, au cours d’une cérémonie co-présidée par son promoteur, Paul Nguepi, et Mme Massou épouse Gonondo, déléguée départementale de l’Emploi et de la Formation professionnelle du Wouri.

Au centre des échanges, la place de la formation technique dans l’insertion professionnelle et la capacité des jeunes à créer leurs propres activités. Pour Paul Nguepi, l’apprentissage des métiers de la mode ne doit pas se limiter à la maîtrise des gestes de couture ou de dessin. Il doit aussi développer la créativité, le sens de l’initiative, la discipline et la capacité à transformer un savoir-faire en activité économique viable.

Cette orientation accompagne la croissance de l’établissement. Le promoteur annonce plus de 500 étudiantes inscrites, soit des effectifs qui auraient triplé par rapport aux années précédentes. Pour soutenir cette évolution et améliorer la qualité des enseignements pratiques, il affirme avoir consacré près de 22 millions de FCFA à l’acquisition de nouvelles machines industrielles et de fers à repasser. Des mannequins, des ordinateurs et du mobilier ont également été ajoutés au matériel pédagogique. L’établissement a par ailleurs distribué des machines à coudre aux étudiantes ayant réglé intégralement leurs frais de scolarité, afin de faciliter leur apprentissage et leur permettre de renforcer leur pratique.

*La maîtrise du métier comme première étape vers l’auto-emploi*

La professionnalisation constitue l’un des principaux axes de développement présentés par le promoteur. Selon les résultats qu’il a communiqués, ISAC-ESMOD a enregistré un taux de réussite de 100 % au Certificat de qualification professionnelle (CQP) et de 98 % au Brevet de technicien supérieur (BTS). Les étudiantes inscrites en licence devaient, quant à elles, soutenir leurs travaux dans les jours suivant la cérémonie.

L’offre de formation couvre notamment le stylisme-modélisme, l’hôtellerie, l’esthétique-coiffure et la cosmétique. Paul Nguepi indique que l’établissement propose également des cycles de licence professionnelle et de master professionnel en stylisme-modélisme, avec l’accompagnement du ministère de l’Enseignement supérieur. Il met aussi en avant l’ouverture sous-régionale de l’institution, qui accueille des apprenantes venues notamment du Tchad, du Gabon, du Congo, de la République centrafricaine et de la Côte d’Ivoire.

Mais l’ambition ne s’arrête pas à l’obtention d’un diplôme. Le promoteur veut encourager les étudiantes à franchir le cap de la création d’entreprise. Il cite ainsi treize anciens apprenants qui auraient déjà ouvert leurs propres centres de formation. Pour lui, ces parcours illustrent les débouchés possibles d’un enseignement qui associe acquisition de compétences, pratique professionnelle et esprit d’entreprise.

Dans cette logique, Paul Nguepi évoque également un dispositif de financement à travers la Banque des universités, dont le groupe affirme être actionnaire. Selon ses explications, les étudiants en fin de formation pourraient accéder à des crédits pour lancer leurs activités, avec un remboursement progressif et sans intérêts. Il mentionne par ailleurs un espace de 3 000 m² mis à la disposition de l’établissement par l’État à Ekounou, qui accueille notamment des activités de confection et une unité dédiée à la fabrication de tenues militaires.

Ces initiatives s’inscrivent dans la volonté affichée de rapprocher les formations des réalités du marché et de multiplier les possibilités d’insertion. Le promoteur rappelle également les partenariats noués avec le ministère de la Défense, qu’il présente comme des opportunités de mise en situation professionnelle et de débouchés pour les apprenantes.

*Discipline et excellence : les exigences de la réussite*

Prenant la parole au nom du Délégué régional de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Massou épouse Gonondo a replacé ces ambitions dans le contexte de l’emploi des jeunes. Elle a rappelé que l’État ne peut recruter tous les demandeurs d’emploi dans la fonction publique, compte tenu du nombre de candidats. Pour elle, les jeunes doivent donc élargir leurs perspectives et considérer la formation professionnelle comme une voie concrète d’autonomisation.

Évoquant les expériences du Japon et de la Corée du Sud, elle a souligné le rôle de la qualification technique dans la transformation économique. Elle a surtout invité les étudiantes à ne pas considérer le diplôme comme une finalité. La discipline, l’humilité, la rigueur et la recherche permanente de l’excellence doivent, selon elle, accompagner l’apprentissage. Dans les métiers de la confection, de la décoration, de la restauration et des services, la qualité des prestations et le sérieux dans le travail sont indispensables pour fidéliser une clientèle et construire une activité durable.

L’intervenante a également fait état d’une enveloppe de 50 milliards de FCFA mise à la disposition du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, sur décision du chef de l’État, pour soutenir les initiatives en faveur des jeunes. Selon ses explications, les porteurs de projets déjà formés pourraient soumettre leurs dossiers accompagnés de business plans pour examen, tandis que les jeunes sans qualification pourraient solliciter un accompagnement pour leur formation.

Cette exigence de discipline rejoint le message adressé par Paul Nguepi aux nouvelles étudiantes. Il les a invitées à prendre leur formation au sérieux, à respecter les sacrifices consentis par leurs parents et à s’appuyer sur l’expérience des apprenantes des niveaux supérieurs pour faciliter leur intégration. L’établissement organise, selon lui, deux rentrées académiques par an, en septembre et en janvier, afin d’offrir une possibilité d’accès à la formation à d’autres candidates.

*Du savoir-faire à l’indépendance économique*

Le témoignage de Kemayou Miguel La Destiné illustre concrètement cette démarche. Après deux années de formation à ISAC-ESMOD, l’étudiante affirme avoir amélioré ses compétences grâce à l’encadrement des enseignants et à la place accordée aux travaux pratiques. Elle prépare le CQP et envisage de poursuivre avec le BTS, puis la licence.

« Durant ces deux années, j’ai rapidement amélioré mes compétences et beaucoup appris. Les enseignants sont compétents et nous encouragent à fournir davantage d’efforts. Depuis mon arrivée à ESMOD, j’ai déjà confectionné plus de dix vêtements », témoigne-t-elle. Ses réalisations comprennent notamment des robes de mariage, des vestes, des tenues traditionnelles et des vêtements de ville. Elle encourage les jeunes à se former pour acquérir un métier et pouvoir progressivement assurer leur propre indépendance.

À travers cette rentrée académique, ISAC-ESMOD met ainsi en avant une conception de la formation professionnelle qui associe qualification, discipline et entrepreneuriat. L’enjeu est de permettre aux étudiantes de maîtriser un métier, de répondre aux exigences du marché et, à terme, de créer leurs propres emplois. Une orientation qui place le savoir-faire au cœur de l’autonomisation économique des jeunes.

*Georges Potain Likeng*

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