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HUILE DE PALME : LA SOCAPALM APPELÉE A RENFORCER SON EMPRISE SUR LE MARCHÉ CAMEROUNAIS

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Les actionnaires de la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) ont validé les comptes de l’exercice 2025 lors de l’Assemblée générale ordinaire tenue le 29 mai 2026 à Douala. Si les résultats financiers de l’entreprise ont été largement salués, les débats ont également mis en lumière de fortes préoccupations concernant la réduction du patrimoine foncier de la société et la nécessité de renforcer son poids dans la production nationale d’huile de palme.

Dans un environnement marqué par les fluctuations persistantes des cours des matières premières, la Socapalm a une nouvelle fois démontré sa capacité de résilience. Au terme de l’exercice 2025, l’entreprise a enregistré un bénéfice net de 10,64 milliards de FCFA.

Bien qu’en retrait par rapport aux performances exceptionnelles des années précédentes, ce résultat confirme la solidité financière du leader camerounais de la production d’huile de palme brute. Les actionnaires ont ainsi approuvé la proposition du Conseil d’administration de distribuer un dividende brut de 2 325 FCFA par action, pour une enveloppe globale de 10,64 milliards de FCFA. Le paiement des dividendes interviendra au plus tard le 30 septembre 2026.

La société affiche par ailleurs des capitaux propres consolidés estimés à près de 55 milliards de FCFA. Les actionnaires ont également donné leur accord à la poursuite de la collaboration avec le partenaire industriel Induservices FR, dont l’expertise devrait contribuer à améliorer les performances des unités de transformation.

La question des plantations relance le débat stratégique

Mais au-delà des chiffres, c’est la trajectoire foncière de la Socapalm qui a alimenté les échanges les plus nourris. Plusieurs actionnaires s’interrogent sur la réduction progressive du patrimoine agricole de l’entreprise, considéré comme le principal levier de croissance à long terme.

Parmi les voix les plus critiques figure celle du Dr Jean-Marie Mbiada. Actionnaire depuis plus de quinze ans, l’économiste a exprimé ses inquiétudes face à la disparition progressive de certaines plantations historiques du groupe.

Selon lui, la sortie d’Eséka du portefeuille de la société et le ralentissement des activités sur certains sites réduisent progressivement les capacités d’expansion de l’entreprise. Pour cet actionnaire, une société qui ambitionne de jouer un rôle majeur dans la souveraineté alimentaire du Cameroun ne devrait pas se séparer de ses outils de production.

À ses yeux, l’argument selon lequel la cession de certains actifs permettrait de dynamiser la filière dans son ensemble ne saurait justifier la diminution du patrimoine foncier d’un acteur stratégique du secteur.

Des interrogations sur le rôle de l’État

La cession de la plantation d’Eséka a également ravivé les critiques sur l’attitude des pouvoirs publics. Certains actionnaires estiment qu’une opération de cette importance aurait mérité un débat plus large et une validation directe par l’Assemblée générale.

Ils rappellent que l’État camerounais est déjà intervenu dans d’autres dossiers jugés stratégiques pour préserver certains actifs nationaux. D’où leur incompréhension face à son absence d’implication dans une opération qui touche directement à la capacité productive d’une entreprise considérée comme essentielle pour l’approvisionnement du pays en huile de palme.

Pour plusieurs petits porteurs, les décisions affectant durablement le périmètre industriel de la société devraient faire l’objet d’une consultation plus approfondie des actionnaires.

L’objectif : porter la Socapalm à 60 % ou 70 % du marché national

Au-delà des controverses, un consensus semble toutefois émerger parmi de nombreux actionnaires : la nécessité pour la Socapalm d’accroître sa présence sur le marché national.

Actuellement, l’entreprise représente près de 48 % de l’offre camerounaise d’huile de palme brute. Un niveau important mais jugé encore insuffisant au regard de la demande nationale et des volumes d’importation qui continuent d’alimenter le marché.

Pour plusieurs investisseurs, l’avenir de la société passe par une stratégie offensive combinant extension des superficies cultivées, amélioration des rendements agricoles et renforcement des capacités industrielles. L’objectif affiché est ambitieux : porter à moyen terme la part de marché de la Socapalm à 60 %, voire 70 %, afin de consolider son leadership et de contribuer davantage à la réduction des importations.

Le message adressé à la direction est clair : les actionnaires restent attachés à la rentabilité de l’entreprise et à la distribution de dividendes attractifs, mais ils souhaitent également voir émerger une vision de développement fondée sur l’expansion des capacités de production. Pour eux, la croissance future de la Socapalm dépendra autant de ses performances financières que de sa capacité à préserver et développer son patrimoine agricole.

Georges potain

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