L’urgence des infrastructures face au défi du civisme populations.
Suite aux pluies diluviennes du lundi 18 mai 2026, la ville de Douala a replongé dans le cauchemar des inondations. Si le bilan officiel dressé par la ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, Célestine Ketchâ Courtes fait état d’un mort à Deido Sable et de lourds dégâts matériels à Bonanjo et Kotto Happy, ce drame remet en lumière une problématique majeure : l’impact destructeur de l’incivisme des populations sur les réseaux d’évacuation d’eau.
Des Caniveaux transformés en poubelles
Malgré les investissements colossaux de l’État, l’efficacité des ouvrages de drainage se heurte à un obstacle de taille lié au comportement humain . À l’échelle locale, l’exécutif municipal que conduit le Docteur Roger Mbassa Ndinè déploie des moyens et des ressources importantes dans le curage des drains et des caniveaux afin de maintenir les réseaux fonctionnels à travers la métropole. De plus, il n’a de cesse de sensibiliser les populations sur les dangers que constituent les caniveaux bouchés. Cependant, ces actions quotidiennes se révèlent souvent insuffisantes face au comportement de certains citoyens. Les bouteilles plastiques, les emballages non biodégradables et les ordures ménagères sont massivement jetés dans les caniveaux. Ces dépôts sauvages obstruent les collecteurs, transforment les exutoires naturels en décharges à ciel ouvert et rendent les infrastructures d’assainissement totalement inopérantes dès les premières averses, provoquant ainsi la montée subite des eaux.
Les grands chantiers de l’État mis à mal par l’incivisme
Pourtant, sous les Très Hautes Directives du Chef de l’État, le gouvernement déploie des chantiers d’envergure. À Douala, les projets achevés intègrent la construction de 4 km de drains et d’une station de traitement des boues de vidange à Ngombé via le Projet de Développement des Villes Inclusives et Résilientes financé par la Banque Mondiale, ainsi que 30,9 km de canaux de drainage issus du Projet de Drainage Pluvial financé à hauteur de 109 milliards par l’Agence Française de Développement et l’État. Pour l’avenir, deux programmes structurants renforcent cette résilience : le Projet de Lutte contre les Inondations à Douala et Yaoundé (101 milliards pour 20 km de drainage à Douala) et le Projet Villes et Gestion foncière durables qui injectera 10 km de drains supplémentaires sur les bassins-versants du Tongo Bassa et de Bobongo.
Devant l’urgence, la ministre rappelle que ces infrastructures colossales ne peuvent pas tout si les mentalités n’évoluent pas. L’occupation des plaines inondables et la destruction de la mangrove aggravent une situation déjà précaire. C’est pourquoi, au-delà de la discipline collective, la solution durable réside désormais dans des mesures de fermeté indiscutables : le déguerpissement radical des zones inondables et le dégagement systématique des emprises des cours d’eau de Douala, qui ont été malheureusement réduits au fil des ans à de simples drains étouffés par les constructions. En ciblant la responsabilité collective, le ministère prescrit des campagnes permanentes de salubrité impliquant les comités de quartiers et les commerçants des marchés. Alors que les prévisions climatiques des prochains mois annoncent des risques d’inondations encore plus élevés dans les grandes métropoles , le maintien de la propreté des rigoles et la libération du lit des rivières relèvent désormais d’un impératif de sécurité nationale. Pour sauver des vies et préserver le développement de la capitale économique, chaque habitant de Douala doit impérativement adopter un comportement citoyen en cessant d’utiliser les caniveaux comme des poubelles. C’est dans cette même dynamique que le Maire de la Ville appelle fermement les populations, en ces temps de fortes précipitations, à faire preuve de la plus grande vigilance et d’une prudence accrue au quotidien, tout en réitérant un appel pressant au civisme de chacun pour barrer la route aux inondations.










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