
Le Directeur Général des Douanes a ordonné à Camtel, MTN et Orange le blocage effectif de tous les téléphones portables et tablettes importés non répertoriés sur la plateforme d’identification matérielle. Dès le lundi 25 mai 2026, tout appareil n’ayant pas acquitté ses droits de douane sera privé d’accès au réseau local, engageant désormais la responsabilité directe des opérateurs de téléphonie.
L’étau se resserre définitivement autour des importateurs clandestins et des utilisateurs de téléphones portables introduits frauduleusement sur le territoire camerounais. Dans un document officiel daté du 18 mai 2026 (portant le cachet d’arrivée des opérateurs au 19 mai 2026 ), le Directeur Général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a formellement prescrit aux directeurs généraux de Camtel, MTN Cameroun et Orange Cameroun de passer à la phase répressive du nouveau mécanisme de contrôle douanier.
L’application stricte de la loi de finances
Cette décision n’est pas fortuite. Elle s’inscrit en droite ligne de l’application des dispositions de l’article sixième de la loi de finances 2023, restée jusqu’ici au stade de sensibilisation et de réglages techniques.
Le cadre réglementaire s’est durci à la suite de la décision conjointe N°00000145/MINFI/MINPOSTEL du 25 mars 2026, fixant les modalités spécifiques de collecte des droits et taxes de douane sur les téléphones portables, tablettes et terminaux numériques importés. Après une période de sursis matérialisée par le prolongement d’un communiqué d’information du public, l’administration financière estime que la phase de tolérance est désormais révolue.
Un blocage systématique via une plateforme numérique
Le cœur de ce nouveau dispositif repose sur une « plateforme d’identification matérielle ». Cet outil centralise le répertoire de tous les appareils ayant régulièrement acquitté leurs droits de douane aux frontières.
Dès le lundi 25 mai 2026, tout téléphone portable, tablette ou terminal numérique qui ne figurera pas dans cette base de données sera purement et simplement bloqué et privé d’accès aux réseaux de communication locaux.
La responsabilité des opérateurs de téléphonie lourdement engagée
L’administration douanière met fermement en garde les géants des télécoms contre toute passivité. Le Directeur Général des Douanes a été on ne peut plus clair dans sa correspondance : « Il reste entendu que toute connexion au réseau local d’un terminal non dédouané engage la responsabilité de la société de téléphonie permissive ».
En vertu de l’article 7 de la décision conjointe, les opérateurs (Camtel, MTN, Orange) s’exposent à de lourdes sanctions juridiques et financières s’ils continuent à fournir du réseau à des appareils non répertoriés. Ils sont donc contraints de collaborer activement et de couper le signal des terminaux illégaux.
Quel impact pour les consommateurs ?
Cette mesure risque de provoquer d’importantes perturbations dès le début de la semaine prochaine pour des milliers d’usagers. De nombreux Camerounais, ayant acheté leurs appareils sur le marché local sans traçabilité ou les ayant reçus de l’étranger (sans paiement des taxes à l’aéroport), pourraient voir leur outil de travail ou de communication s’éteindre numériquement.
Pour le gouvernement, l’enjeu est double : sécuriser l’espace cybernétique national par l’identification systématique des terminaux, et surtout, capter des milliards de francs CFA de recettes douanières qui échappaient jusqu’ici aux caisses de l’État en raison de la contrebande.
Les regards sont désormais tournés vers les boutiques de téléphonie et les opérateurs, alors que le compte à rebours avant le « grand blocage » du 25 mai est officiellement lancé.










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