Douala 3e lance une semaine d’actions en faveur de la justice et de l’autonomisation des veuves
À quelques jours de la célébration de la Journée internationale des veuves, prévue le 23 juin, l’Association des Veuves de Douala 3e, en partenariat avec la mairie de Douala 3e, a procédé au lancement officiel de la 6e édition de la Semaine Internationale des Veuves de Douala (SIVAD), le mardi 16 juin 2026 à l’hôtel de ville de Douala 3e. Placée sous le thème « Justice, Dignité et Autonomisation économique pour les veuves », cette initiative vise à renforcer les capacités des veuves, promouvoir leurs droits et favoriser leur insertion socio-économique.
La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence de nombreuses autorités administratives, religieuses et associatives, parmi lesquelles Valentin Epoupa Bossambo, maire de la commune d’arrondissement de Douala 3e. Dans son intervention, l’édile a souligné la pertinence du thème retenu cette année, en insistant sur les nombreux défis auxquels font face les veuves dans la société. « La veuve a aujourd’hui un problème principal : celui de défendre ses droits afin de s’affirmer dans la société. C’est pour cela que le thème choisi est particulièrement pertinent et adapté aux réalités qu’elles vivent au quotidien », a déclaré Valentin Epoupa Bossambo.
Pour les organisateurs, cette semaine constitue une plateforme de sensibilisation destinée à attirer l’attention des pouvoirs publics et de l’opinion sur les difficultés sociales, économiques et juridiques rencontrées par les veuves.
L’un des axes majeurs de cette 6e édition est le renforcement des capacités économiques des participantes.
Selon Mme Abeng Marie Dénise épouse Essola Samba, 5e adjointe au maire de Douala 3e et marraine de l’événement, l’accent est mis sur la formation et le développement personnel. « La particularité de cette édition réside dans la mise en exergue des différentes formations, leur mise en application sur le terrain, ainsi que le travail autour de la restauration de l’estime de soi », a-t-elle expliqué.
Durant toute la semaine, plusieurs ateliers de formation seront organisés dans divers domaines afin d’accompagner les veuves vers une meilleure autonomie financière. Les organisateurs ambitionnent notamment de les orienter vers des mécanismes coopératifs susceptibles de renforcer leur capacité d’épargne, d’investissement et de création d’activités génératrices de revenus.
Une foire gastronomique pour valoriser le savoir-faire féminin
Dès la première journée, les participantes ont pris part à une foire gastronomique mettant en lumière les talents culinaires et entrepreneuriaux des femmes de Douala.
Cette vitrine économique permet non seulement de promouvoir les produits locaux, mais aussi de valoriser le savoir-faire des veuves engagées dans de petites activités génératrices de revenus.
L’ambiance conviviale qui a marqué l’ouverture de la SIVAD témoigne de la volonté des organisateurs de faire de cette semaine un espace de partage, de solidarité et de promotion de l’entrepreneuriat féminin.
Santé, sensibilisation et accompagnement social
Au-delà des activités économiques, la SIVAD prévoit également des campagnes de consultations médicales gratuites destinées à dépister plusieurs pathologies. Des espaces d’échanges et de débats ont également été aménagés afin de permettre aux participantes d’exprimer leurs préoccupations et de partager leurs expériences.
L’objectif est de mettre en lumière les réalités souvent méconnues auxquelles sont confrontées les veuves, notamment les conflits liés à l’héritage, les expulsions de domicile, la précarité économique ou encore les discriminations sociales.
Pour Madame Léonie Tabi, coordonnatrice de l’Association des Veuves de Douala 3e, les défis restent nombreux malgré les efforts entrepris. « Nos difficultés sont légion, car chaque veuve vit une situation particulière. Certaines font face à la confiscation de leurs biens, d’autres perdent leurs revenus locatifs ou subissent des pressions familiales sur les terrains et les patrimoines laissés par leurs époux », a-t-elle confié.
Créée le 19 octobre 2019, l’Association des Veuves de Douala 3e compte aujourd’hui près de 200 membres actifs engagés dans la défense des droits et l’accompagnement des femmes ayant perdu leur conjoint.
La dimension spirituelle au service de la reconstruction
La dimension spirituelle occupe également une place importante dans cette semaine de mobilisation. Révérend pasteur Christine Mireille Monkam, de l’Église Les Temples de l’Éternel et marraine de cette 6e édition, estime que les communautés religieuses ont un rôle essentiel à jouer dans l’accompagnement des veuves. « Chaque jour, nous constatons dans nos églises les souffrances vécues par de nombreuses femmes. L’Église est devenue aujourd’hui une véritable thérapie pour les peuples. Nous voulons apporter une touche divine à la démarche de réinsertion sociale des veuves, car il existe également une dimension spirituelle qui mérite d’être prise en compte », a-t-elle déclaré.
Une mobilisation pour la dignité et la justice sociale
À travers cette initiative qui se poursuit jusqu’au 23 juin prochain, la commune de Douala 3e réaffirme son engagement en faveur de la protection des personnes vulnérables et de la promotion de l’inclusion sociale. En mettant à l’honneur les veuves, cette semaine spéciale ambitionne de sensibiliser davantage les populations aux enjeux de justice sociale, de dignité humaine et d’autonomisation économique.
Au-delà de la célébration, la SIVAD 2026 se veut un véritable plaidoyer pour une meilleure prise en compte des droits des veuves et pour leur pleine participation au développement économique et social de la société camerounaise.
Georges Potain Likeng










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