Dossier Du Mois

Quel rôle doit jouer la commune dans le parachèvement de la décentralisation ?

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La commune est l’échelon territorial de base de la décentralisation au Cameroun. A ce titre, il doit jouer un rôle fondamental dans la mise en œuvre de ce processus. L’efficacité de l’action communale doit s’apprécier véritablement sous les principaux prismes ci-après : le choix démocratique des  élus  communaux et  la  prise  des responsabilités des élus communaux et leurs capacités à exercer ces responsabilités, l’impact des actions communales sur le développement du territoire     communal et     la     bonne gouvernance locale.

A cet effet, une fois le conseil municipal élu, l’élection des magistrats municipaux (maires  et  adjoints  au  maire)  doit  se faire de manière rigoureuse, sur la base de critères objectifs et de la capacité des postulants à exercer pleinement les missions dévolues à l’exécutif et au conseil municipal. La décentralisation induit l’élargissement du champ de compétence des communes et l’accroissement de leurs capacités d’action au service des populations.

Pour atteindre cet objectif, l’Etat doit réellement se désengager de l’exercice des compétences transférées aux collectivités territoriales décentralisées pour permettre à ces dernières, donc aux communes, d’exercer la plénitude de leurs compétences reconnues par la loi, d’une part et de jouir effectivement de leur autonomie de gestion, d’autre part.

L’Etat doit leur allouer des ressources suffisantes pour leur permettre de jouer pleinement leurs rôles en matière d’identification, de planification et de programmation des projets de développement local en associant les populations qui souhaitent participer davantage à la gestion des affaires locales. Dans ce contexte, la responsabilité des communes dans le développement social, économique, sanitaire, éducatif, culturel et sportif de la nation s’avère essentielle. Ces collectivités publiques locales sont plus à même qu’une administration centralisée d’encadrer les populations par une meilleure prise en compte des besoins de ces dernières et l’amélioration de leurs conditions de vie.

En effet, le recueil de leurs avis, la confrontation des idées permettent de dégager des solutions à la fois mieux acceptées et souvent meilleures pour un problème donné. Poursuivant cet objectif, les municipalités doivent mobiliser les populations et les acteurs socio-économiques qu’elles ont la charge d’administrer, dans le but de définir et de mettre en œuvre, à l’échelle locale, les nouvelles politiques de développement. Il est d’ailleurs démontré que l’économie nationale est en réalité formée par un ensemble d’économies locales et que la compétitivité des économies locales dépend dans une large mesure de la solidarité de l’économie nationale.

Les  défis  à  relever  par  les  municipalités  sont multiples.  Ils concernent notamment : le développement économique, la planification et le financement de la croissance, la maîtrise du sol, le maintien et l’élargissement des infrastructures, la mise en place des services et des installations de qualité, la réponse aux besoins toujours plus grands des services sociaux et humains.

Toute démarche hasardeuse et hâtive pourrait compromettre sérieusement l’atteinte des nobles objectifs visés par cette réforme profonde de l’Etat et des rapports entre le citoyen et le pouvoir.

Autant de défis qui se dressent sur le vaste chantier du développement local, lequel passe nécessairement par l’amélioration de la capacité de gestion financière et technique des municipalités, afin qu’elles deviennent progressivement   responsables   de   l’amélioration   du cadre de vie des habitants et du développement des infrastructures et des équipements indispensables à l’accroissement de la productivité économique.

Enfin, le chemin ainsi balisé, avec la garantie que la commune fonctionne normalement et la satisfaction des principaux acteurs, l’élection des conseils régionaux viendra parachever la mise en place de la décentralisation sur des bases solides qui permettront à la région d’être un échelon privilégié de la planification, destiné à mieux appréhender les problèmes de déséquilibre territorial et spatial. Les régions joueront ainsi un rôle indispensable en tant que lieux privilégiés de la décentralisation des pouvoirs de l’Etat en matière d’intervention économique, d’aménagement du territoire et d’action culturelle. Toute démarche hasardeuse et hâtive pourrait compromettre sérieusement l’atteinte des nobles objectifs visés par cette réforme profonde de l’Etat et des rapports entre le citoyen et le pouvoir.

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