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TÉLÉPHONES DE CONTREBANDE AU CAMEROUN : LE MINISTÈRE DES FINANCES MET MTN ET ORANGE CAMEROUN EN DEMEURE

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Par une correspondance officielle datée du 4 juin 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, tape du poing sur la table. Adressée aux directeurs généraux de MTN et Orange Cameroun, cette lettre met en demeure les deux géants des télécoms d’appliquer sans délai le blocage des téléphones importés frauduleusement via l’identification de leurs codes IMEI. Une offensive qui s’inscrit dans un long feuilleton de réformes fiscales entamé depuis la Loi de Finances 2023.
Le bras de fer entre l’État du Cameroun et les opérateurs de téléphonie mobile franchit un nouveau cap. Dans un document officiel référencé **N° 000006746/MINFI/DGD**, le ministre des Finances constate avec regret le manque de diligence de MTN et Orange Cameroun dans la mise en œuvre de la phase pilote d’interdiction d’accès au réseau local du stock de téléphones portables introduits en contrebande sur le territoire national depuis le 1er avril 2026.

Historique et déploiement progressif du cadre réglementaire
Pour comprendre les enjeux de cette mise en demeure, il convient de restituer la genèse d’une réforme structurelle particulièrement laborieuse. L’impulsion initiale a été donnée par la **Loi de Finances de l’exercice 2023**, dont l’article sixième prévoyait l’introduction d’un nouveau mécanisme numérique et automatisé de collecte des droits et taxes de douane sur les terminaux importés. Face à un manque à gagner estimé à plusieurs dizaines de milliards de FCFA par an en raison d’un marché noir florissant  où près de 90 % des téléphones échappaient aux circuits douaniers officiels  , le gouvernement avait alors décidé de dématérialiser la collecte en la déportant directement sur le réseau des opérateurs.
Après plusieurs vagues de contestations des associations de consommateurs et des ajustements techniques complexes, une étape décisive a été franchie le  25 mars 2026  avec la signature de la décision conjointe  N° 00000145/MINFI/MINPOSTEL  par le ministère des Finances et le ministère des Postes et Télécommunications. Cet acte réglementaire crucial est venu fixer de manière très précise les modalités spécifiques de collecte des taxes sur les téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques. C’est sur cette base juridique consolidée qu’a pu s’organiser, le 22 mai 2026 , une réunion de concertation majeure entre les structures douanières et les opérateurs, débouchant sur des conclusions consensuelles pour le lancement de la phase pilote. Malgré cet accord de principe, le rappel à l’ordre formel du  4 juin 2026  par le MINFI démontre que l’application sur le terrain s’est heurtée à d’importantes résistances techniques ou commerciales.

Ce que demande fermement le Ministre Louis Paul Motaze
Constatant que les résolutions de la concertation de mai sont restées « sans suite d’effet à date », Louis Paul Motaze exige désormais l’instruction urgente et complète des équipes techniques des opérateurs pour rendre le système immédiatement opérationnel. Le cœur de la mesure repose sur la **systématisation du blocage des IMEI** (*International Mobile Equipment Identity*) non répertoriés dans la plateforme publique de suivi de la réforme.

La responsabilité fiscale et financière des opérateurs engagée
Le ministre lève toute ambiguïté technique : le ciblage se fait exclusivement via la base de données des terminaux non dédouanés et non via les numéros de téléphone des abonnés. De plus, le gouvernement introduit une sanction financière majeure :
> « Toute connexion au réseau local d’un terminal non dédouané engage désormais la responsabilité fiscale de la société de téléphonie permissive, au sens des dispositions pertinentes de l’article 7 de la décision conjointe. »
>
En clair, si MTN ou Orange permettent à un téléphone de contrebande de se connecter à leur réseau après les délais impartis, c’est l’opérateur lui-même qui devra verser à l’État les droits de douane éludés par ce terminal. Une formule de responsabilisation financière forte qui vise à contraindre les opérateurs à collaborer activement.

Les prochaines étapes et impacts sectoriels
La mise en demeure a également été notifiée en copie au MINPOSTEL (Ministère des Postes et Télécommunications), à la CAMTEL (opérateur historique public) et à l’ ART (Agence de Régulation des Télécommunications), assurant ainsi un suivi interinstitutionnel strict.
Pour le consommateur camerounais, cette décision marque la fin définitive de la tolérance vis-à-vis des téléphones achetés hors des circuits officiels agréés après le 1er avril 2026. Pour l’État, l’enjeu est double : restaurer une souveraineté budgétaire sur un secteur hautement lucratif et adresser les impératifs de sécurité nationale liés à la traçabilité des terminaux mobiles sur l’ensemble du territoire national.

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