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 Le Cameroun au cœur de la lutte contre le financement du terrorisme à Paris

La délégation camerounaise, menée par le ministre des Finances Louis Paul Motaze, a pris une part active à la 5e édition de la conférence ministérielle « No Money For Terror » (NMFT). Tenue à Paris sous l’égide de la présidence française du G7, cette rencontre internationale s’impose désormais comme le pivot de la sécurité financière mondiale.

Un front commun face aux nouvelles menaces
Initiée en 2018 par le président Emmanuel Macron, la conférence « No Money For Terror » a réuni cette année plus de cinquante délégations ministérielles et une vingtaine d’organisations internationales. L’objectif reste inchangé : tarir les flux financiers qui alimentent le terrorisme global. Pour le Cameroun, pays en première ligne face aux exactions de groupes armés dans la sous-région, ce forum représente une tribune stratégique pour harmoniser les réponses sécuritaires et financières.
Trois sessions thématiques ont rythmé les débats, introduites par des figures majeures de l’économie mondiale à l’instar des dirigeants du FMI et de la Banque mondiale. Les participants ont d’abord examiné l’emprise territoriale des filiales d’Al-Qaïda et de l’État islamique, qui s’enrichissent par l’extorsion et le pillage des ressources naturelles. Pour la première fois, la question cruciale de la réintégration financière des territoires libérés a été mise sur la table.

Innovations technologiques et réseaux criminels
Le second volet de la conférence s’est penché sur le double tranchant des innovations financières. Si les actifs virtuels, le sociofinancement et les messageries cryptées dynamisent l’économie, ils complexifient les enquêtes. Face à ce défi, la doctrine adoptée est claire : « encadrer sans freiner » .Les États se sont engagés à appliquer rigoureusement les normes du GAFI (Groupe d’action financière) pour éviter la création de paradis réglementaires numériques.
« Le développement de ces innovations doit être accompagné, pas entravé, à condition qu’il soit encadré par des dispositifs réglementaires robustes.

C’est lors du troisième panel, consacré aux liaisons dangereuses entre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée (traffics, blanchiment), que le Cameroun a fait entendre sa voix. Aux côtés de ses homologues marocain et canadien, Louis Paul Motaze a plaidé pour un renforcement de la coopération internationale. Les discussions ont convergé vers la nécessité d’un partage d’informations plus rapide et systématique entre les secteurs public et privé.
La conférence s’est achevée par l’adoption d’une déclaration conjointe scellant le début d’un second cycle de conférences NMFT. Le suivi technique de ces engagements est confié au GAFI et à ses organismes régionaux, chargés de transformer les promesses politiques en actions concrètes sur le terrain.

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