Réunis le mardi 23 juin 2026 à Douala à l’occasion de l’Assemblée Générale ordinaire du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), les acteurs du secteur privé ont dressé un bilan contrasté de l’économie nationale. Si certains secteurs affichent des performances encourageantes, les chefs d’entreprise dénoncent la persistance de difficultés liées aux infrastructures, à la fiscalité, à l’énergie et à la gouvernance, qu’ils considèrent comme un frein à l’investissement et à la compétitivité.
Entre motifs de satisfaction et préoccupations persistantes, le secteur privé camerounais dresse un bilan contrasté de l’année économique 2025. Présentés lors de l’Assemblée générale du Gecam, les chiffres font état d’une croissance de 3,1 %, contre 3,5 % en 2024. Bien que ce niveau demeure supérieur à la moyenne de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), il reste insuffisant pour répondre aux attentes des entreprises.
Plusieurs branches ont toutefois enregistré des performances encourageantes, notamment l’agriculture vivrière (+3,7 %), les bâtiments et travaux publics (+4,8 %) ainsi que le secteur de l’eau et de l’assainissement (+6,4 %).
Dans un contexte marqué par l’augmentation de la dette publique et les incertitudes économiques, le patronat estime néanmoins que davantage d’efforts doivent être consentis pour améliorer la compétitivité du tissu productif national.
Les entreprises dénoncent un environnement des affaires peu favorable
Au-delà des indicateurs macroéconomiques, les échanges ont surtout porté sur les obstacles auxquels les entreprises continuent d’être confrontées. Les questions liées aux infrastructures, à la fiscalité, à l’accès à l’énergie et à la qualité de la gouvernance ont été largement évoquées par les participants. « Il était question d’exposer les problèmes auxquels les entreprises font face, notamment les infrastructures, la fiscalité, l’énergie, mais surtout l’environnement de la gouvernance qui est à l’arrêt. Nous avons besoin que les choses changent. On investit dans un pays qui bouge et non dans un pays qui est à l’arrêt », a déclaré Célestin Tawamba, président du Gecam.
Les membres du Groupement ont également examiné le rapport d’activités de l’organisation pour l’exercice 2025. Plusieurs intervenants ont salué le dynamisme de l’équipe dirigeante ainsi que les actions menées en faveur du secteur privé. « Nous sortons de cette assemblée générale avec un sentiment de satisfaction. Avec le travail du staff actuel, beaucoup de problèmes sont portés à la connaissance de la haute hiérarchie, ce qui est une très bonne chose pour les promoteurs de l’économie camerounaise », a souligné Me Sylvestre Magloire Tamo, président-directeur général de Wisdom International Ltd.
Les participants ont notamment relevé les avancées enregistrées dans les domaines de la fiscalité, de l’accompagnement des PME et du suivi des enjeux économiques nationaux et internationaux. Ils ont toutefois insisté sur la nécessité d’un engagement accru des membres afin de permettre à l’organisation de poursuivre efficacement ses missions de représentation et de plaidoyer.
Le Gecam renforce son rôle d’interface entre l’État et les entreprises
L’assemblée générale a également servi de tribune à plusieurs membres pour présenter leurs initiatives. C’est notamment le cas de la Bourse nationale des déchets, une structure créée il y a un an avec l’appui de l’État et de partenaires du secteur privé.
Selon sa directrice générale, Rebecca Essomba, cet organisme a pour mission d’organiser le marché des déchets, de structurer les filières de valorisation et de formaliser les acteurs intervenant dans ce secteur stratégique pour l’économie circulaire. « À terme, nous devrons constater un impact significatif sur l’assainissement des déchets, en mettant davantage en valeur les déchets recyclables afin qu’ils ne se retrouvent plus dans les décharges. Notre contribution sera encore plus marquée avec l’adhésion des populations et des ménages au tri sélectif à la source », a-t-elle expliqué.
De son côté, Marie Mélani Bell, experte en douane agréée CEMAC et membre du Gecam, a rappelé le rôle de facilitateur joué par l’organisation auprès des pouvoirs publics. « Le Gecam est régulièrement associé aux travaux d’élaboration de la loi de finances. L’organisation dispose également de points focaux dans onze ministères clés afin d’accompagner les entreprises dans le suivi de leurs dossiers administratifs. Le Gecam est l’avocat de l’entrepreneur au Cameroun », a-t-elle affirmé.
Au terme des travaux, les acteurs du secteur privé ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le dialogue avec les pouvoirs publics afin d’améliorer l’environnement des affaires, renforcer la confiance des investisseurs et créer les conditions d’une croissance plus forte et plus inclusive.
Georges potain










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