Economie

FINANCEMENT DE NDOLLE CITY

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Le coup d’arrêt de la BEAC face au mirage des 10 milliards de dollars

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) tape du poing sur la table. Dans un communiqué officiel publié ce 22 mai 2026, le gouverneur Yvon Sana Bangui a formellement démenti tout soutien ou garantie au titanesque projet immobilier de la société Impex Trading Sarl, douchant les espoirs de levée de fonds de l’opérateur.

Un pavé dans la mare des promoteurs de Sikoum Dibamba
L’ambitieux projet « Ndollè City », conçu comme une vitrine urbaine, écotouristique et digitale à Sikoum Dibamba (entre Douala et Edéa), traverse une zone de fortes turbulences. Alors que le promoteur, filiale du fonds Grand Impex Trading, affichait des ambitions chiffrées à 10,7 milliards de dollars américains pour la mobilisation de ses fonds, la Banque centrale vient de dresser un mur infranchissable.
Pour le régulateur régional, le compte n’y est pas. L’institution financière a pointé du doigt de graves zones d’ombre qui entachent le dossier depuis son ouverture. La BEAC explique notamment que l’instruction du dossier a achoppé sur l’origine opaque des capitaux et le manque d’identification claire des investisseurs. De plus, les services du gouverneur ont relevé des carences majeures dans la documentation contractuelle ainsi qu’une absence flagrante de consistance financière réelle concernant l’opération.

L’ANIF déjà saisie pour des soupçons d’incohérence
Ce coup de projecteur négatif n’est pourtant pas une surprise de dernière minute. En coulisses, la BEAC avait déjà signifié son refus dès le 5 mai dernier, expliquant qu’aucune suite favorable ne pouvait être accordée à une déclaration aussi lacunaire.
Plus grave encore, la Banque centrale a révélé avoir alerté l’Agence nationale d’investigation financière ( ANIF ) dès le 23 juin 2025. À l’époque, les autorités monétaires s’inquiétaient déjà de la déconnexion totale entre les ressources mirobolantes annoncées et la réalité des justificatifs fournis, remettant en cause la faisabilité même de cette future « éco-cité ».

Une mise au point ferme contre la manipulation de l’opinion
Si Yvon Sana Bangui a décidé de sortir du silence de manière aussi publique, c’est avant tout pour stopper une stratégie de communication jugée trompeuse. Impex Trading Sarl laissait en effet entendre, à travers diverses sorties, que la Banque centrale cautionnait sa démarche.
Le gouverneur a été d’une clarté limpide : les discussions passées avec les équipes du projet relevaient uniquement de la routine administrative et de l’instruction obligatoire des dossiers. En aucun cas, ces échanges ne valent approbation, validation ou garantie institutionnelle.
Face à ce qui s’apparente à une tentative d’instrumentalisation de son image, la BEAC appelle désormais le grand public, les investisseurs et les partenaires financiers à la plus grande vigilance face aux promesses de Ndollè City. Le rêve vert de Sikoum Dibamba devra d’abord montrer patte blanche avant d’espérer la moindre crédibilité sur la scène financière sous-régionale.

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