Economie

TÉLÉPHONES NON DÉDOUANÉS : L’ART STOPPE LE BLOCAGE ET PROTÈGE LE CONSOMMATEUR

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Le bras de fer entre la direction générale des Douanes et le secteur des télécoms au Cameroun a tourné court. Lancée en grande pompe, l’opération de déconnexion massive des téléphones importés illégalement a été stoppée net, le jour même, par l’Agence de régulation des télécommunications (ART). Ce coup de frein brutal révèle de profondes divergences techniques et juridiques, mais positionne surtout le régulateur comme un véritable bouclier pour les consommateurs.

Le régulateur en arbitre : la concertation cruciale du 21 mai 2026
Face à l’imminence d’un « black-out » numérique, l’autorité de régulation a décidé de prendre ses responsabilités. Faisant suite à une correspondance conjointe des géants MTN et Orange, le Directeur Général de l’ART, le Pr Philémon Zoo Zame,a présidé une séance de concertation d’urgence.
Cette réunion cruciale, qui s’est tenue dans la foulée des alertes des opérateurs, a permis de mettre à plat un dossier explosif. Au cœur des contestations, l’autorité de régulation et les entreprises de téléphonie ont invoqué l’absence d’une base légale solide ainsi que le non-respect du principe fondamental de non-rétroactivité des lois .
Face à ce vide réglementaire critique, l’ART a finalement tranché en renvoyant toutes les parties à la table des négociations, suspendant de facto le blocage programmé de près de 700 000 terminaux.Une décision salutaire qui place l’intérêt et la protection des consommateurs au centre des priorités, évitant à des centaines de milliers de Camerounais d’être privés brutalement de leur principal outil de communication et de transactions financières.

Une mise en œuvre paralysée par des obstacles structurels
Si l’objectif de l’État est purement budgétaire, la réalité du terrain s’est heurtée à une résistance unanime du secteur, tant public que privé. D’un côté, l’opérateur historique Camtel a justifié son impossibilité d’agir par un blocage technique majeur ,son système d’information actuel nécessitant de lourdes mises à jour de licences logicielles non budgétisées.
De l’autre côté, bien que disposant des outils nécessaires, Orange et MTN ont opposé une véritable barrière réglementaire et juridique .Les deux géants privés ont fermement refusé de jouer les exécutants aveugles, soulignant l’absence de préalables économiques et légaux indispensables. Ils ont notamment agité le spectre d’une crise sociale majeure et de perturbations systémiques sur l’ensemble des communications électroniques, craignant un impact disproportionné sur le quotidien des usagers.

Les recommandations de l’ART : vers une concertation élargie
Ce rétropédalage forcé rappelle la tentative infructueuse de 2023, où le gouvernement avait essayé d’imposer un prélèvement direct sur le crédit de communication des abonnés avant de reculer face à la colère populaire. En application de l’article 6 de la loi des finances 2023, la Douane comptait bien mener à terme sa réforme, mais la méthode brute a une nouvelle fois échoué.
Pour sortir de l’impasse sans sacrifier le consommateur, le Directeur Général de l’ART a tracé une feuille de route claire. Au terme des débats, il a recommandé aux trois opérateurs de saisir officiellement la Direction générale des Douanes afin de les informer des conclusions de cette rencontre d’urgence. L’objectif est désormais de solliciter une concertation élargie réunissant l’ART, les opérateurs et la Douane, pour examiner de manière approfondie et sereine les questions réglementaires et techniques liées à cette opération. Grâce à cette intervention de l’ART, le consommateur camerounais obtient un sursis de taille.

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