Le marché financier, levier indispensable pour financer une croissance durable

Les 23 et 24 avril 2026, la ville de Douala a accueilli un forum crucial sur le financement des économies de la zone CEMAC. Entre constats de paradoxes économiques et pistes de solutions, les décideurs de la sous-région ont plaidé pour une mobilisation accrue de l’épargne locale via le marché financier.
Le défi de la transformation de l’épargne
Sous la présidence de Salvador Maïgué Ayingono, Secrétaire Général de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF), les travaux ont mis en lumière les limites du système bancaire traditionnel. Si les banques jouent leur rôle, elles ne peuvent porter seules les besoins de financement de long terme nécessaires aux projets structurants. En cause : des contraintes réglementaires strictes et une gestion des risques qui limitent leur capacité d’accompagnement sur la durée.
Le Dr Louis Banga-Ntolo, Directeur Général de la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC), a souligné que malgré les réformes de la dernière décennie, la croissance de la région reste en deçà des ambitions d’émergence. Les économies se transforment, mais pas assez vite pour répondre aux besoins des populations.
Des obstacles à la fois culturels et techniques
Pourquoi les entreprises hésitent-elles encore à franchir le pas de la bourse ? Plusieurs freins ont été identifiés par les experts présents :
Un déficit de culture financière chez les opérateurs économiques.
Une réticence persistante à la transparence,pourtant indispensable pour accéder aux marchés de capitaux.
Une perception de complexité entourant les instruments financiers.
Vers de nouvelles solutions de financement
Pour pallier ces difficultés, les discussions ont permis de dégager des pistes concrètes. L’appel public à l’épargne apparaît comme une opportunité majeure pour les entreprises et les collectivités territoriales, à condition de mieux structurer les opérations en amont. La titrisation des créances bancaires a également été évoquée comme un mécanisme prometteur pour libérer de la capacité de financement chez les banques tout en transférant le risque vers le marché.
Célébrer l’excellence : Les CEMAC’s Capital Market Awards
Le forum s’est achevé le 24 avril par une note de célébration avec la remise des CEMAC’s Capital Market Awards .Au total, 21 acteurs de l’écosystème ont été distingués pour leur contribution au développement du marché financier régional.
Un moment fort de la soirée a été la commémoration des 20 ans de la première introduction en bourse du titre Tangui, salué comme un pionnier et un symbole du chemin parcouru.
L’impératif pour la zone CEMAC est désormais clair : il ne s’agit plus de savoir s’il faut aller vers le marché financier, mais comment accélérer ce mouvement pour garantir une transformation économique durable et autonome.










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